1. La Prière
  2. L’invocation
  3. Le Coran
  4. L’Imam al-Mahdî(qa)
  5. Connaître Dieu
  6. La Voie de l’Éloquence
  7. Spiritualité des Infaillibles(p)
  8. L’Au-delà
  9. Méditer sur l’Actualité
  10. Le Bon Geste
  11. Des états spirituels
  12. La Bonne Action
  13. Exemples des grands savants
  14. Les Lieux Saints
  15. Notre Santé morale
  16. Notre Santé physique
  17. Notre Nourriture
  18. Expces Spirituelles des autres
  19. Le Courrier du lecteur
  20. Le Livre du Mois
  21. La Femme dans l'Islam
  22. Entretiens
  23. Éditorial
  24. Divers
  25. Éduquer nos enfants
2026-10-08 | Readers 3 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

« Dieu est plus Redoutable en force et ..


« Et Dieu est plus Redoutable en force et ...

plus Terrible en châtiment. »(1)

Vers la mi-juillet 2026, la guerre a repris au Yémen !

Quand l’aviation saoudienne bombarda l’aéroport de la capitale du pays, Sanaa, pour empêcher un avion iranien (ramenant une délégation yéménite qui avait participé aux funérailles de l’imam al-Khâmine’î(qs)) d’y atterrir !

Malgré une « trêve » signée entre le Yémen et l’Arabie Saoudite, début avril 2022 (établissant une accalmie de facto), l’Arabie Saoudite avait maintenu le blocus aérien, naval et terrestre sur le Yémen, ainsi que l’armement de milices locales au sud-ouest du pays, sous le nom de « forces gouvernementales ».

En réaction, les autorités de Sanaa annoncèrent un blocus maritime ne visant que les navires saoudiens, sous le mot d’ordre « blocus contre blocus ».

En fait cette agression saoudienne était le prélude d’une nouvelle offensive d’envergure de l’Arabie Saoudite contre le Yémen, avec l’envoi de milliers de camions chargés d’armes et de combattants syriens kamikazes suppléant des troupes locales placées sous le commandement direct d’officiers saoudiens.

Aussi, Ansarallah (l’organisation des Houthis(2), aux aguets, mit en garde la population yéménite contre les velléités agressives saoudiennes contre le pays, appela à une mobilisation générale et lança une offensive vers le sud-ouest, le 3/9/2026, sous le nom de « Et Dieu est plus Redoutable en force et plus Terrible en châtiment »(1). Et en riposte aux bombardements de l’aviation saoudienne des provinces d’al-Jawf, d’al- Bayda, de Mari’b et de Sanaa, les forces d’Ansarallah envoyèrent des missiles sur les installations pétrolifères d’Aramco et les stations militaires d’où étaient parties les avions, au sud de l’Arabie Saoudite (Najran, Jizan, Abha, Khamis Mushait).

Les affrontements entre les forces d’Ansarallah et les milices locales (sous commandement saoudien et soutenues par les raids intensifs de l’aviation saoudienne), accompagnés d’envois de missiles et de drones contre les installations pétrolifères saoudiennes, au sud jusqu’à Yanbu au bord de la mer Rouge, en riposte aux raids aériens saoudiens, eurent de rapides résultats.

En quelques jours, les forces d’Ansarallah prirent le contrôle des zones stratégiques bordant le détroit de Bâb al-Mandeb, Mokha, Taëz, jusqu’à toutes les îles du détroit (les îles de Zuqar, de Mayyun (ou Perim), de Kamaran, et de Hanish, la petite et la grande), ainsi que des camps militaires et quartiers généraux saoudiens et de leurs alliés locaux. De nombreux combattants furent tués de part et d’autre ; des bataillons entiers de groupes soutenus par l’Arabie Saoudite se rendirent aux forces armées yéménites, et d’autres prirent la fuite. Les prisonniers détenus par les groupes pro-saoudiens furent libérés.

Le 11/9/2026, les autorités de Sanaa assirent leur emprise sur Bâb al-Mandeb et

-annoncèrent une amnistie générale pour quiconque dépose les armes ;

-affirmèrent qu’il n’y avait aucun danger pour la sécurité de la navigation - sauf pour les navires saoudiens - et qu’elles ne cherchaient à attaquer aucun pays voisin ;

-dénoncèrent le maintien du blocus de l’Arabie Saoudite depuis plus de 12 ans, ses ingérences et ses bombardements intensifs quotidiens, ajoutèrent à leur mot d’ordre : « blocus contre blocus ; escalade contre escalade ».

Victoire éclatante des Houthis, saluée par ceux qui sont contre la politique agressive, hégémonique américano-sioniste (et alliés dont saoudien), mais décriée par ces derniers (américano-sionistes et alliés).

Et en quelques jours, Ansarallah a réduit à néant ce que l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis (avec le soutien anglo-américano-sioniste et autres) avaient bâti sur la côte ouest, sur une période de onze ans, et ce qu’ils se préparaient à faire dans un avenir proche.

Le même jour, des drones en provenance d’Irak visèrent l’oléoduc Est-Ouest (Yanbu) saoudien, provoquant plusieurs foyers d’incendie.

L’Arabie Saoudite tenta alors de mobiliser ses alliés contre le Yémen, implorant leur intervention. Mais ni les Etats-Unis, ni le Royaume Uni, ni les autres pays (comme le Pakistan et la Turquie (avec qui pourtant un pacte avait été établi le 7/8/2026) et la France) ne voulurent s’impliquer directement, militairement dans ce conflit et ouvrir un nouveau front de combat dans cette région – se contentant de lui offrir un soutien logistique, et consultatif, de renseignements et de défense aérienne, ne dépassant pas le cadre de la mission européenne Aspides du 19/2/2024, prolongée au 28/2/2027, bien que condamnant l’offensive houthie –.

Le 15/9/2026, l’Arabie Saoudite accusa les Houthis d’avoir voulu frapper la ville sainte de La Mecque, puis quinze jours plus tard, la ville sainte de Médine, pour mobiliser les Musulmans du monde entier à ses côtés.

Le démenti Houthi fut immédiat, dénonçant un mensonge éculé et sayyed Abd al-Malek rappelant un propos du Prophète Mohammed(s) : « La foi est yéménite et la sagesse est yéménite. »(3).

Le 17/9/26, La conférence des Oulémas du Yémen condamna les allégations de l’Arabie Saoudite, dénonçant son instrumentalisation des deux saintes Mosquées et déclarant que le véritable danger pour ces lieux saints provient de la présence des bases militaires américaines et occidentales sur leur terre et de la cession de la gestion sécuritaire de ces lieux saints à des sociétés sionistes.

Le lendemain, plus de deux millions de Yéménites descendirent dans la rue pour annoncer leur attachement à la défense des lieux sacrés de l’Islam, La Mecque, Médine et la mosquée d’al-Aqsâ (en Palestine occupée).

Enfin les forces armées yéménites affirmèrent que leurs opérations militaires ne visaient avec précision que les installations pétrolifères d’Aramco et les bases militaires saoudiennes (éloignées des lieux saints).

Se sentant impuissante, l’Arabie saoudite se mit à bombarder la capitale Sanaa et les gouvernorats de Taëz, Hajjah, Ma’rib et Saada. Et voyant que ses raids aériens, quelles que soient leur intensité, leur précision et leur puissance destructrice, restaient incapables de trancher la bataille au sol, que son accusation de l’implication iranienne derrière les Houthis(4) n’avait pas modifié le faible soutien obtenu de ses alliés, et qu’elle se heurtait au refus de larges franges de la population yéménite du sud, elle se tourna vers le recrutement de mercenaires étrangers (de Colombie, du Soudan (notamment des Forces de Soutien Rapide)) et même de généraux australiens à la retraite, encouragée, bien sûr, en cela par Netanyahu..

Ansarallah riposta en bombardant Ryad (centres de renseignement et installations d’Aramco), ajoutant à son mot d’ordre : « blocus contre blocus ; escalade contre escalade ; capitale contre capitale », « jusqu’à l’arrêt de l’agression saoudite et la levéedu blocus ».(6)

{Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués [de se défendre] en tant qu’ils sont lésés, et Dieu est Capable de les secourir. (…) Ceux qui, si Nous les avons raffermis (avec puissance) sur terre, accomplissent la prière, donnent la zakât et ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. Et à Dieu est l’issue de toute chose.}(39 & 41/22 al-Hajj)

(1)En fait le v. 84 de la sourate 4 an-Nisâ’ {(…) Et Dieu est plus Redoutable en force et plus Terrible en châtiment.}

وَاللّهُأَشَدُّبَأْسًاوَأَشَدُّتَنكِيلاً  84

(2)Les Houthis sont des tribus yéménites zaydites du nord du pays, qui, au moment du « printemps arabe » ont appelé à la lutte contre les ingérences extérieures et la corruption et qui, à la faveur de la mobilisation d’une partie de la population yéménite, dirigent une grande partie du nord-ouest du pays avec la capitale du pays, Sanaa. (Cf. le rappel des principaux évènements p.18.)

(3)as-Sahîh d’al-Bukhârî et as-Sahîh de Muslim.

(4)Le président iranien Massoud Pezeshkian démentit toute implication iranienne au Yémen, affirmant que les Houthis étaient « responsables de leurs propres actes » et qu’ils « ne recevaient pas de directives de l’Iran », à FoxNews le 25/9/2026.

(5)أُذِنَلِلَّذِينَيُقَاتَلُونَبِأَنَّهُمْظُلِمُواوَإِنَّاللَّهَعَلَنَصْرهِمْلَقَدِيرٌ39

الَّذِينَإِنمَّكَّنَّاهُمْفيِالْارْضِأَقَامُواالصَّلَةَوَآتَوُاالزَّكَاةَوَأَمَرُوابِالْمَعْرُوفِوَنَهَوْاعَنِالْمُنكَرِوَلِلَّهِعَاقِبَةُالْامُورِ41

(6)Aux dernières nouvelles, du 4/10/2026, le chef du Conseil présidentiel Yéménite (pro-saoudien) Rachad al-Alimi a annoncé (le dimanche 4/10/26) le lancementn sous l’impulsion saoudienne et internationale d’une offensive militaire contre les Houthis, pour reprendre le contrôle du territoire.

www.lumieres-spirituelles.net     No143 – Jumâdî I & II 1448H – Oct.-Novembre-Déc. 2026

Rappel des principales dates

concernant le Yémen

—Le 25/5/1990 réunification du Yémen (‘Ali ‘Abdallah Sâleh président et Sanaa la capitale).

—Du 6/2004 à 8/2009, six guerres menées par ‘Ali ‘Abdallah Sâleh (avec l’aide de l’Arabie Saoudite et d’al-Qaïda local (l’AQPA)) contre les tribus zaïdites Houthies logées dans les mon­tagnes au nord du Yémen, connues pour leur refus de toute ingérence étrangère et leur lutte contre la corruption et l’injustice. Le 20/9/2004 Hussein Badreddine Houthi fut assassiné, son frère ‘Abdelmalek prenant la relève.

—Le 11/12/2010, une fragile trêve établie n’empêcha pas les agressions de l’AQPA contre les Houthis.

—A partir du 27 janvier 2011, dans la foulée du ‘Printemps arabe’, les Yéménites descendirent dans la rue et mirent fin au long règne de ’Ali ‘Abdallah Sâleh le 25/2/2012. ‘Abd Mansour Hadî devint alors le président par intérim.

—Mars 2013, mise en place d’un ‘Dialogue National’ parrainé par l’ONU et les monarchies arabes du golfe, qui proposa un découpage du Yémen, en fait son dépeçage permettant le pil­lage de ses richesses en faveur de l’Arabie Saou­dite et de l’AQPA et Cies.

—Ce plan fut refusé par une partie de la popula­tion qui lança (le 17/8/2014) une mobilisation générale pacifique, suite à un appel de s. ‘Abdel­malek Houthi.

—Le 21/9/2014, signature d’un « Accord pour la paix et un partenariat national » qui ne fut jamais respecté par ‘Abd Mansour Hadi, ayant renforcé ses liens avec le camp américano-sioniste et saoudien (et l’AQPA).

—Le 21/1/2015, Ansarallah (l’organisation des Houthis) prend le contrôle de Sanaa et met en place un ‘Haut Comité Révolutionnaire’ un ‘Conseil National de Transition’, le 6 février 2015, puis d’un ‘Conseil Populaire Transi­toire’, le 20 février 2015. Le lendemain, les Etats Unis quittent le pays et ‘Abd Mansour, après une dernière tentative de mobiliser une milice ar­mée (avec l’aide saoudienne) contre Ansarallah, s’enfuit en Arabie Saoudite, le 25 mars 2015.

—Le 26/3/15, l’Arabie Saoudite, à la tête d’une coalition internationale, se met à bombarder sans répit le Yémen. Cette opération ‘Tempête déci­sive’ qui ne devait durer qu’une quinzaine de jours, persista 7 ans, malgré les bombardements quasi quotidiens, un blocus total aérien, naval et ter­restre, et la mobilisation de groupes takfiris (AQPA, Daesh et Cies), de mercenaires venus d’Amérique latine et même de troupes améri­caines (venues d’Afghanistan), britanniques, émiraties et.. de l’entité sioniste.

—C’est que pendant 7 ans, l’Arabie Saoudite se heurta à la résistance farouche du peuple yéménite (faisant preuve de courage, de déter­mination, de persévérance, d’intelligence, d’es­prit de sacrifice, de foi et de confiance absolue en Dieu), aux forces armées et aux comités po­pulaires placés sous la direction sage et lucide d’Ansarallah et de son leader ‘Abdelmalek Hou­thi, développant des armes et des tactiques mili­taires désarçonnant leurs adversaires, les visant au cœur-même de leur territoire, frappant même des sites pétrolifères en Arabie Saoudite.

—Enlisée dans cette guerre et voyant ses al­liés et commanditaires se retirer en douce, l’Arabie Saoudite accepta de signer une trêve, le 2/4/2022 pour deux mois, sous l’égide de l’ONU, prévoyant l’arrêt de toutes les opérations militaires offensives, aériennes, navales et ter­restres et une levée progressive du blocus.

—Même s’il n’y a pas eu de nouvel accord global de prolongation, il s’en est suivi une accalmie qui dura de facto (jusqu’à ce mois de juillet 2026) sans, toutefois, que le blocus (aérien, na­val, terrestre) ne soit levé, même partiellement.

—A la lumière des évènements actuels, il sem­blerait que l’Arabie se préparait, en fait, à une nouvelle offensive d’envergure et que les forces de Sanaa étaient aux aguets.

(1)Cf. Les numéros 5, 25, 67, 72, 73, 86, 89, 92, 98, 100, 113 de la revue Lumières Spirituelles.

www.lumieres-spirituelles.net     No143 – Jumâdî I & II 1448H – Oct.-Novembre-Déc. 2026


Articles précédents:

1448 (2026-2027)

1447 (2025-2026)

1446 (2024-2025)

1445 (2023-2024)

1444 (2022-2023)

1443 (2021-2022)

1442 (2020-2021)

1441 (2019-2020)

1440 (2018-2019)

1439 (2017-2018)

1438 (2016-2017)

1437 (2015-2016)

1436 (2014-2015)

1435 (2013-2014)

1434 (2012-2013)

1433 (2011-2012)

1432 (2010-2011)

1431 (2009-2010)

1430 (2008-2009)