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2026-04-19 | Readers 2 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Quelle culture nécessaire pour affronter les défis actuels ?


ENTRETIEN AVEC S. ’Abbas NOUREDDINE (3 & fin)

Quelle culture nécessaire pour affronter les défis actuels ? (3 & fin)

Sayyed ‘Abbas Noureddine est un écrivain et chercheur religieux libanais ayant mené des recherches approfondies dans les sciences islamiques. Après l’offensive sauvage américano-sioniste (et alliés) (de sept.-nov. 2024) contre le Liban, il a abordé, le 2/12/2025, cette question de quelle culture est nécessaire pour affronter les défis de l’époque – sujet ne concernant, en fait, pas que le Liban. Après avoir vu la différence entre chercher à prouver l’existence de Dieu et chercher à développer la réalité de la croyance en l’Unicité divine, en l’Au-delà, en la Prophétie et en l’Imamat, illustrée par des exemples, vient la question de quoi faire.


1- Bien ancrer la foi dans le cœur  

Nous avons vu qu’il n’est pas possible que le genre humain marche sur la juste voie, si les principes fondamentaux de la foi en Dieu, en Ses Promesses, en Ses Prophètes (etc.), de la morale de l’Islam, ne sont pas ancrés dans la vie sociale. Donc, il s’agit, en premier lieu, de bien ancrer la foi dans le cœur. Même ! Il semblerait que cela soit la plus grande opération (ou effort « jihâd »).

En effet, si on doute de Dieu, de Ses Prophètes, on ne se tournera pas vers eux comme il le faut, on ne les suivra pas… Alors que veut dire de demander : « Ô Seigneur ! Donne-moi les capacités, la puis­sance,etc. » et en même temps ne pas croire en Lui ? Cela ne marche pas.

Un autre exemple qui montre la différence de la culture en notre possession et la réalité : la prière de la pluie(1). La prière pour faire tomber la pluie est supposée provoquer un changement qualitatif dans la vie d’une société(2), pas uniquement que la pluie tombe et que les choses redeviennent comme avant. Non ! Il est supposé que la société se déplace d’un état de sécheresse vers un état d’abondance, d’épanouissement [physique, moral, spirituel].

Quand on réfléchit sur la prière de la pluie qui était pratiquée depuis les premiers Prophètes, à l’aube de l’histoire, nous voyons qu’elle a des circons­tances, des conditions, une situation de désespoir des gens qui commencent à revenir sur eux-mêmes – et à se demander si l’absence de la pluie ne pro­viendrait pas de péchés déterminés de leur part, d’actes de désobéissance à Dieu – et donc et sur­tout à revenir vers Dieu. La prière de la demande de la pluie apparait comme une façon de solliciter le Créateur, de revenir à Lui, avec l’intention de sortir de cette situation erronée.

De cette façon, la prière exprime une nouvelle étape dans la transformation, le changement dans la société parce que {Dieu ne change pas ce qui est dans un groupe de gens (qawminn) tant qu’ils ne changent pas ce qui est en eux-mêmes..}(11/13 ar-Ra‘d)d

Maintenant, posons-nous la question : est-ce que nous avons fait attention aux préliminaires néces­saires au niveau des gens ? Dans notre pratique [par rapport à la société libanaise], nous évitons de mettre en garde les gens, de les admonester. Nous demandons à Dieu de changer notre situation et en même temps, nous ne faisons pas les préli­minaires nécessaires à cela. Cela vient de notre vision erronée ou de notre pratique insuffisante.

C’est un exemple qui indique comment le pro­gramme culturel présent dans la Religion devrait remettre en cause notre vision actuelle et nous encourager à partir d’une démarche juste suivant l’organisation des règles divines de l’univers.

Quand nous travaillons, d’un côté, à faire connaître aux gens la [réalité] des Imams [après les Pro­phètes], et de l’autre, à faire en sorte que les gens sentent l’importance du savoir, parce que le savoir est le chapitre pour le grand changement, alors les choses s’emboitent de façon juste.

D’un côté, nous ressentons l’impuissance, les problèmes, les catastrophes, la décadence (toutes les calamités présentes), alors nous demandons la sortie de cela, en sachant que nous ne pouvons sortir de cela que par le [juste] savoir, la connais­sance. Et de l’autre, nous savons qui a le savoir, la connaissance. Alors, arrive le résultat grandiose, avec la Volonté de Dieu.

Il faut que cette foi soit bien ancrée dans le cœur, dans les âmes, la foi en Dieu, en Ses Prophètes, en leurs méthodes, en leurs appels, en leurs pos­sibilités, en leurs promesses (de la bonne vie, de la puissance, de la libération, etc.), si on prétend les suivre. [Et pas uniquement une déclaration de foi et ensuite ne compter que sur les choses maté­rielles.]

2- Demander le savoir (le véritable) au bon endroit avec ses conditions  

Après cela, vient la 2eétape, celle de la découverte, du savoir, de la connaissance, de façon générale et de façon particulière, les priorités de la vie, de la société vers Dieu, c’est-à-dire l’organisation sociale, saine, suivant les règles divines de la Reli­gion, pour que vienne la question des possibilités naturelles à sa juste place.

Les partisans d’Ahl al-Beit(p)devraient demander le(s) savoir(s) auprès d’eux(p). Il faut qu’il y ait cette demande de savoir. Cela devrait être une dis­tinction, une particularité de ceux qui croient en eux. En sachant que ce sont eux(p), les savants, qui ont le savoir, alors il faut le chercher auprès d’eux, le leur demander. Eux sont les savants. La chose la plus importante qui est arrivée au genre humain est le savoir. Malheureusement ce savoir n’est pas présent comme il le faut dans la vie de ceux qui suivent les Imams(p), de ceux qui les(p) aiment.t

Q-Le savoir peut-il nous donner un avantage sur nos ennemis ? Cette connaissance serait-elle plus avancée, plus approfondie que celle à laquelle est arrivé l’Occident, avec sa vision matérialiste ? Même au niveau de la fabrication des armes, par exemple ?

R-Bien sûr ! A condition de le (ou la) demander à Dieu (qu’Il soit Glorifié). Nous avons vu, à propos du Prophète Daoud(p), par exemple, comment Dieu Tout-Puissant lui a appris la fabrication des cottes de mailles. Mais il n’est pas toujours nécessaire de prendre les choses dans le sens de ‘si eux [les ennemis] ont fabriqué des missiles par exemple, nous devons en fabriquer de plus forts’. Peut-être que cela est nécessaire, peut-être pas. Mais ce n’est pas l’objet de notre discussion ici.

Le fondement de l’orientation générale pour les croyants est d’empêcher (voire d’anéantir) les outils de domination des ennemis de l’Islam et de prouver au genre humain que la Religion de Dieu, l’Islam, est venue pour la paix, que la logique, le savoir, la connaissance, l’union, le contact représentent la plus grande force dans le monde. C’est le message de cette Religion. Nous devons travailler sur cette question.

Q-Le savoir qui est présent dans nos universités, nos institutions et dans les centres de recherche ne suffit-il pas ?

R-Je ne parle pas de la méthode et des sources de nos universités présentes. Je voudrais juste mettre en évidence le fait que la ligne des Prophètes diverge totalement. La méthode, le contenu et les priorités sont organisés de façon différente – non pas de façon éparpillée, coupée de la réalité sociale, de ses objectifs, de ses valeurs, comme c’est le cas dans notre société –. Les résultats en sont différents.

Q-Comment poser une juste vision scientifique pour ceux qui veulent mettre les justes fonde­ments ?

R-Par rapport à la vision générale, nous croyons que le savoir est auprès de Dieu, et aussi des Pro­phètes et des Proches Elus (les « enracinés dans le savoir »(3)).c

Nous avons dit que la condition pour profiter de ce savoir est la foi en Dieu, en Sa Promesse (pas uniquement en Son Existence), en Sa Présence, en Sa Gestion. Parce que le profit sur le plan scienti­fique est conditionné par ce contact, cette prise de contact effective, permanente.

Il ne s’agit pas que Dieu nous donne le savoir et que nous allions voir ailleurs. Il doit y avoir un mouvement de guidance permanent. C’est le pilier principal. S’il était bien ancré dans la société humaine, nous verrions des transforma­tions grandioses.

Nous avons un patrimoine très riche, mais sa pré­sence reste très limitée dans notre vie.

Il y a le noble Coran qui est le Livre de l’occulté d’(al-Ghayb), plein d’évocations (ou rappels) et de vérités. Il y a aussi les informations des Pro­phètes, des Proches Elus infaillibles et les visions (mushâhadât) des gens de la vision (ash-shuhûd). Peut-être que nous n’avons pas saisi entièrement la question délicate de la relation entre le monde ici-bas et l’Au-delà, au niveau de la connaissance et des vérités.

Q-Comment cette prise de connaissance du fond (al-bâtin) de la vie en ce monde peut augmenter nos capacités ?

R-Comme nous l’avons dit précédemment, toute chose dans la vie en ce bas-monde a des fonde­ments dans cet autre monde.Toute chose ! Même la matière, les plantes, etc. (...)h

En sachant comment la société sera dans l’Au-delà, nous donnons une orientation de vers où aller, de comment se diriger. Même ! L’Au-delà étant le fond du monde ici-bas, il est la vérité pré­sente avec laquelle nous pouvons nous mettre en contact, dont nous devons profiter avant de mou­rir. La mort est pour certains nécessaire pour voir l’Au-delà. Pour d’autres, non ! Ils voient l’Au-delà en ce bas-monde et en profitent ici-bas. [Et nous, nous devons profiter de ceux-là.]

Q-Vous avez dit que la solution est de revenir fondamentalement en la croyance en Dieu. Est-ce que cela suffit ? Vous avez parlé du noble Coran. Notre société, en général, lit le Coran mais il semblerait qu’elle n’ait pas su en profiter pour arriver à ces savoirs différents qui nous permet­traient de connaître les vérités de l’existence ?

R-Oui ! La foi en Dieu nécessite la piété (at-taqwâ), des actes, des comportements et une ligne de conduite précise. Si nous croyions en Dieu (qu’Il soit Glorifié), que nous Le crai­gnions vraiment, que nous nous liions à Lui d’un juste lien, nous aurions atteint ce savoir.

Dieu dit dans Son Livre : {… Craignez Dieu et Dieu vous apprend. Et Dieu est très-Savant de toute chose.}(282/2 al-Baqara)a

Il y a un lien fort entre la piété (la crainte de Dieu) et l’Enseignement divin. Il y a des comportements déterminés qui apparaissent dans la vie, résultat de la foi en Dieu (qu’Il soit Exalté). Cela confirme la sincérité (as-sidq) du lien avec Dieu. Le lien sin­cère, véridique avec Dieu est ce qui fait descendre le Savoir divin. (…) Dieu guide vers ce qui est plus droit, plus juste, pour la réforme.

Q-Comment apparait ce savoir ? Il descend au niveau du cœur ?

R-Il y a une différence entre la forme du savoir et le moyen du savoir [c. à d. pour arriver au savoir véritable]. Le côté principal de la piété (at-taqwâ) est la sincérité (as-sidq) de cette piété.

Nous lisons, nous étudions, nous profitons des expériences, nous lisons d’autres sources. Nous profitons de tous les savoirs. Ce sont les moyens. L’être humain doit être ouvert à tous les savoirs (sans s’en croire supérieur). Quant à la forme : en définitive, le savoir est lumière qui guide, qui met à découvert. En tous les cas, l’important est qu’à la fin, par ce savoir obtenu par quel que soit le moyen (c. à d. le chemin qui mène à lui) – dans un état de révélation, dans la prière, la lecture d’un livre ou la réponse à une question posée à un savant ou à une personne expérimentée –, la personne soit guidée vers ce qui est demandé (pour la résolution d’un problème ou la capacité de faire quelque chose).

Q-La piété est le moyen pour profiter du noble Coran ? Le fait de ne pas profiter du Coran est-il un signe qu’il n’y a pas de piété ?

R-Dieu Tout Puissant dit au début de Son Livre : {Voilà le Livre dans lequel il n’y a aucun doute, un guide pour les pieux (li-l-muttaqîna) è qui croient en l’occulté (al-ghayb).. }(2-3/2 al-Baqara) La guidance est pour les pieux. C’est une condition auprès de Dieu. Et il n’y a pas de tolérance pour arriver à la guidance, à la luminosité, au savoir. La piété est nécessaire.

Tout savoir qui arrive par une autre voie que la piété peut être profitable mais peut se retourner contre la personne qui l’a acquis et à qui lui arri­vera, par la suite, difficultés et misères en ce bas-monde et dans l’Au-delà.

La piété a beaucoup de manifestations, de corro­borations. Pour savoir si elle est présente ou pas, il faudrait étudier la situation sociale des gens, com­ment ils se comportent individuellement et entre eux (etc.).c

3- Vient la question de l’unité

Un des points faibles, même le principal, de notre société est sa dispersion, son éparpillement. Et pourtant, elle a présenté un exemple grandiose, un exemple de sacrifice grandiose !

Mais il y a beaucoup à faire pour s’unifier davan­tage. Il en est de même au niveau de tous les ter­rains, de tous les peuples qui refusent l’injustice, l’asservissement, la coercition. Il y a là aussi un problème d’unification de la parole.

Par exemple, si l’ennemi sentait que cette société était unie, derrière un seul mot, il la craindrait beaucoup et reviendrait beaucoup sur ses planifications de ses actes hostiles. Certes, l’ennemi a beaucoup travaillé à la diviser, mais il a aussi profité de la dispersion présente en elle, au niveau des associations, des Etats, des gouvernements – même entre les Musulmans. Sa force principale réside en cela.

S’il savait que les Musulmans étaient sur un seul mot, que les croyants étaient un groupe unifié, fort, il n’oserait pas faire ce qu’il fait. Et là, nous n’avons pas parlé d’armes, de technologies, de puissance matérielle ; seulement du fait que les peuples soient unifiés pour faire face à cet ennemi. Beaucoup de choses n’auraient pas lieu.

Q-Quelles sont les raisons de cette dispersion (autres que ce que font les ennemis pour divi­ser) ? Quelles sont les causes intérieures ?

R-Sûrement la raison principale revient au dogme, à la vision de la foi, au regard sur l’existence, sur les autres. C’est cela qui a créé cette dispersion, cet éparpillement, cette division, ces écoles (madhâhib). Tout cela représente des moyens au niveau théorique, de la foi. L’origine revient aux efforts de recherche (al-ijtihâd), aux interprétations erronées des questions ou connaissances religieuses, à la connaissance de cette religion. Par exemple dans le fait de découvrir les priorités.

Il est sûr que pour n’importe quelle unité sociale, le pilier principal est l’unité de la parole.e

En fait, souvent, les divergences sont au niveau de la façon d’exprimer les croyances, pas au niveau des croyances elles-mêmes. (...)s

La question la plus facile sur laquelle beaucoup de gens sont d’accord est celle relative aux valeurs fondamentales dans la vie, comme la justice, la piété. Il s’agit de mettre en évidence les points communs.

Q-On parle beaucoup de l’apparition de l’Imam al-Mahdî(qa). Peut-on dire que la société a atteint le niveau pour être digne (jadîr) à diriger le monde vers la justice et l’équité lors de l’appari­tion de l’Imam(qa)? Est-elle arrivée à cette étape de compétence ? Ou qu’est-ce qu’elle doit faire pour y arriver ?

R-Les musulmans croyants, dans n’importe quelle société – pour arriver à ce niveau de direction, au point d’être un pôle pour les autres, le lien des cœurs – doivent avoir réalisé un exemple social – même s’ils sont opprimés, dominés, même s’ils sont en prison. Le musulman peut être un exemple pour les autres prisonniers, répandre la lumière dans tout le monde. Les musulmans n’ont pas besoin d’être indépendants, forts, pour présenter un exemple. Le croyant peut présenter aux autres musulmans un exemple très lumineux et atti­rant !(4)4

Une autre chose qui peut avoir des effets : la façon de présenter les idées avancées au monde, même au niveau de la littérature. (…) Il y a une faiblesse notoire au niveau de présenter nos idées, nos croyances, notre dogme, de façon littéraire, attrac­tive, que les gens peuvent facilement comprendre. C’est aussi une condition.

Ce que le croyant accomplit au niveau de l’esprit, de la lutte, au niveau social (etc.) doit avoir des répercutions au niveau de la mise en évidence, de la littérature, de l’art (etc.).c

Il y a aussi, au niveau de l’organisation sociale, des institutions, des fondations, de l’administra­tion.(5)Si nous voulons aller vers le changement, la transformation, nous devons nous orienter vers le travail des institutions, même au niveau du tra­vail intellectuel (au niveau de l’enseignement, de la propagande, etc.).c

On peut voir, dans notre société, une dispersion des énergies et en même temps, une difficulté à un agencement pertinent des idées, à leur synthétisa­tion, pour arriver à un résultat supérieur, plus total, plus regroupant, plus unifiant, plus innovant, à une vision plus globale, développant et renforçant les énergies vers le même objectif, multipliant les résultats de façon très grande.

(1)A laquelle certains ont pensé suite à l’absence de la pluie durant l’année 2024-2025.

(2)Cf. L’Imam ‘Alî ar-Ridâ(p), pp148-151 aux Ed. BAA, à propos de la prière de la pluie effectuée par lui(p).

(3)En référence aux versets 7/3 Ale ‘Imrân & 162/4 an-Nisâ’.

(4)Et là sayyed cite l’exemple de faire un hôpital selon les principes scientifiques et moraux de l’Islam.

(5)Au niveau des francophones, cela pourrait commencer par, au moins, une coordination des énergies et des initiatives.

www.lumieres-spirituelles.net  No140 – Dhû al-Qa‘deh & Dhû al-Hijjah 1447H – Avril-Mai-Juin 2026


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