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2023-11-12 | Readers 390 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Les hommes « en charge » des femmes ?


Les hommes ‘en charge’ des femmes ?

A l’occasion du jour anniversaire de la naissance de sayyida Fâtima az-Zahrâ’(p), décrété «Jour mondial de la Femme» par l’imam al-Khomeynî(qs), la revue Lumières Spirituelles publie deux pages spécifiques concernant la femme. Cette fois-ci nous allons publier la traduction de l’interprétation du début du v. 34 de la s. an-Nisâ’ (4) d’Ayyatollah Jawâdî Amolî dans son livre « Jamâlu-l-mar’at wa jalâluhâ ».

{الرِّجَالُ قَوَّامُونَ عَلَى النِّسَاء بِمَا فَضَّلَ اللّهُ بَعْضَهُمْ عَلَى بَعْضٍ وَبِمَا أَنفَقُواْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ}34\4 النساء

Les hommes sont ‘tuteurs’ (qawwâmûna) des femmes, en tant que Dieu a favorisé certains d’entre eux sur d’autres et qu’ils dépensent de leurs biens

Le sens du mot (qawwâmûna) (قَوَّامُونَ) dans le Tahqîq fî kalimât al-Qur’ân al-karîm de sh. H. al-Mustafawî

La matière de ce mot est (qawam) dont l’idée fondamentale unique en la matière (ou racine) est : « ce qui est à l’opposé d’(al-qu‘ûd  le fait d’être assis), le fait de se dresser droit, le passage à l’action (l’effectivité de l’acte) matériellement ou moralement, ce sens variant selon les sujets : sujet extérieur (cf. 102/4 an-Nisâ’), acte (cf. 277/2 al-Baqara), ordre moral (cf. 127/4 an-Nisâ’), en rapport avec l’Au-delà (cf. 14/30 ar-Rûm), la spiritualité (cf. 38/78 an-Nabâ’), chacun selon ce qu’il est.

Ÿ(qawwâm) sous une forme exagérée  intensifiée : se dressant de lui-même au niveau des actes (34/4 an-Nisâ’, à propos des hommes, se dressant d’eux-mêmes, assurant les besoins de leurs femmes, etc. ; 135/4 an-Nisâ’ & 8/5 al-Mâ’ida, les croyants étant appelés à agir avec équité pour Dieu).(1)

C’est la particule (‘alâ) qui donne cette idée de supériorité : sur.

Le sens du mot (qawwâmûna) (قَوَّامُونَ) dans ce verset selon Ayatollah Jawâdî Amolî

Il y a là des particularités pour les hommes à cause des actions d’ordre exécutif.

Mais, dans les règles fondamentales pour le rapprochement [de Dieu] et le perfectionnement, il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes [en tant qu’homme et femme].

Par exemple, quand on met la femme face à l’homme et l’homme à la femme et que l’on décrit comme deux genres différents, l’homme n’est pas « se dressant sur la femme » ou « en charge » de la femme, ni la femme n’est subordonnée à l’homme.

Le verset {les hommes sont (qawwâmûna) sur les femmes..}(34/4 an-Nisâ’)est à situer dans le cadre du couple, de la femme vis-à-vis du mari et du mari vis-à-vis de la femme. Dans cette situation, on parle de « du fait d’avoir la charge » (faute de meilleur mot) (al-qayumûmiyat) (القيمومية).

De plus, la « charge »(al-qayumûmiyat) n’est pas un signe de perfectionnement ou de rapprochement de Dieu. C’est comme dans l’ensemble des ministères, des associations, des centres, il y a des personnes qui ont une certaine autorité sur d’autres, comme le directeur, le responsable, le chef et autres de ce genre.

Mais cette gestion n’est pas un honneur moral mais uniquement un acte exécutif. La personne qui devient un chef ou un responsable ou un préposé n’est pas plus proche de Dieu. Ce n’est qu’une responsabilité exécutive.

Il est possible qu’une personne ne soit pas un chef dans cette fondation et qu’elle agisse avec plus de sincérité/pureté d’intention que son préposé et qu’elle ait accès, le Jour de la Résurrection, à de plus grandes faveurs et qu’elle soit plus proche de Dieu. Le « fait de prendre en charge »(al-qayumûmiyat) est lié aux actes de gestion et d’exécution.

La preuve donnée par le noble Coran lui-même

La preuve est mise en évidence dans le noble Coran de cette façon :

{Les hommes ont ‘la charge’ (qawwâmûna) des femmes, en tant que Dieu a favorisé certains d’entre eux sur d’autres et qu’ils dépensent de leurs biens.}(34/4 an-Nisâ’)

Les questions sociales, la dimension économique, l’effort, la lutte pour acquérir les biens et assurer les besoins de la maison et gérer la vie, c’est à l’homme de s’en charger de préférence. Parce que l’homme est responsable d’assurer les dépenses de la maison, alors la responsabilité intérieure de la maison est à sa charge.

Mais cela ne veut pas dire qu’il a atteint, par cette responsabilité, un mérite (ou un privilège) et qu’il puisse dire : « Je suis meilleur parce que je suis responsable. » Non ! Cela est juste un acte exécutif, une fonction et non pas un mérite. L’esprit de la « charge »(al-qayumûmiyat) est une fonction.

Le noble Coran ne dit pas à la femme qu’elle est sous les ordres de l’homme. Mais il dit à l’homme qu’il a la charge de la femme et de la maison.

Ainsi, nous considérons ce verset comme mettant en évidence une fonction et non un don d’un privilège ou d’un mérite.

L’emploi du mot (qawwâmûna) (قَوَّامُونَ) dans d’autres versets du noble Coran

Ainsi, le verset {les hommes sont (qawwâmûna) sur les femmes..}(34/4 an-Nisâ’) est dans le sens « ô vous les hommes, prenez en charge » [c.-à-d. agissez pour satisfaire les besoins de la femme et de la famille], comme Dieu nous ordonne de nous dresser et d’agir avec justice dans les versets suivants :

{Ô vous qui avez cru, agissez (soyez vous dressant (qawwâmîna))avec justice, témoins pour Dieu}(135/4 an-Nisâ’)

    {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ كُونُواْ قَوَّامِينَ بِالْقِسْطِ شُهَدَاء لِلّهِ}

{Ô vous qui avez cru, agissez (soyez vous dressant (qawwâmîna))pour Dieu témoins avec justice}(8/5 al-Mâ’ida)

   {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ كُونُواْ قَوَّامِينَ لِلّهِ شُهَدَاء بِالْقِسْطِ}

Dans le verset {les hommes ont la charge (qawwâmûna) des femmes..}(34/4 an-Nisâ’), la phrase est informative mais l’esprit est inchoatif, dans le sens « ô vous les hommes, soyez ‘vous dressant droits sur la maison’, soyez responsables de la maison, agissez à l’extérieur pour cela et assumez la gestion de la vie dans la maison ». Pour cela, l’homme ne doit pas agir de façon à faire du mal à la femme à l’intérieur de la maison, ni manger à l’extérieur, parce que l’extérieur est uniquement le lieu de son travail tandis que le repos, la vie de l’homme est à la maison.

{De Ses Signes, il y a qu’Il a créé pour vous, de vous-mêmes des paires (ou épouses) (azwâjann)pour que vous résidiez auprès d’elles(y viviez en tranquillité).}(21/30 ar-Rûm)

{وَمِنْ آيَاتِهِ أَنْ خَلَقَ لَكُم مِّنْ أَنفُسِكُمْ أَزْوَاجًا لِّتَسْكُنُوا إِلَيْهَا}21\30الرُّوم

Ainsi, le verset {les hommes sont (qawwâmûna) sur les femmes..}(34/4 an-Nisâ’) n’est pas dans le sens que la femme est prisonnière de l’homme et/ou que l’homme, en tant qu’ayant la charge, peut faire ce qu’il veut, d’aller ou pas à la maison.

Non ! Le Coran demande à la femme de respecter cette gestion et cette responsabilité intérieure et il dit à l’homme qu’il n’est qu’un fonctionnaire et en cela il n’y a aucun mérite ni privilège. Il doit revenir directement à la maison quand il a fini son travail. Si la société était ainsi, les fondements de la société seraient forts et il n’y aurait pas de divorce, la corruption s’arrêterait et les enfants seraient éduqués de façon vertueuse.

Ce verset ne donne pas un décret (fatwâ) disant à l’homme « c’est toi qui ordonnes et tu fais ce que tu veux » parce que si l’homme ne va pas à la maison quand il sort de son travail, il n’est pas alors une personne ‘qui prend en charge’ (qawwâm) ni un directeur. L’Islam évoque les deux côtés : il dit à la femme de rester ferme, raffermie (at-tamkîn) vis-à-vis de son mari et à l’homme d’avoir la charge, la responsabilité de sa femme. C’est uniquement une mise en évidence d’une fonction [de partage des tâches] et aucune de ces deux fonctions n’est un critère de mérite, de privilège, ni n’entraîne un manque.

S’il est dit au directeur d’une société de déployer tous ses efforts pour fixer l’organisation de cette société, cela ne veut pas dire que cette organisation est de son choix et qu’il fait ce qu’il veut.

D’ailleurs, dans aucun verset du noble Coran parlant du Paradis, vous ne voyez que les degrés de l’homme sont plus nombreux que ceux de la femme. Ils sont distribués selon le savoir et les actes vertueux.

En résumé

Ainsi le verset {les hommes sont (qawwâmûna) sur les femmes..}(34/4 an-Nisâ’)

1-concerne, de façon spécifique, la relation entre la femme et son mari et non pas la femme [en général] par rapport à l’homme [en général] ; elle est dans le cadre des fondements de la famille.

2-Le fait de se dresser, d’avoir la charge (al-qaymûmat) n’est pas un critère de mérite, de préférence, mais est uniquement une fonction.

On peut d’ailleurs voir, dans le cadre de la famille, que parfois c’est la femme qui a la charge d’un homme (…). Beaucoup de questions changent dans les fondements de la famille.

On peut noter aussi qu’il est obligatoire à l’enfant d’obéir à ses deux parents, qu’il s’agisse du père ou de la mère, que l’enfant soit un garçon ou une fille, ayant ou non atteint un niveau social ou autre.

Tout cela concerne les droits spécifiques à l’intérieur de la famille.

 « Jamâlu-l-mar’at wa jalâluhâ » d’Ayyatollah Jawâdî Amolî, pp343-346.

(1)cf. Dictionnaire du vocabulaire du noble Coran (abrégé en français du Tahqîq) p344 aux Ed. BAA.

www.lumieres-spirituelles.net     No125 – Jumâdî I & II 1445 – Nov.Décembre.Janv. 2023


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