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2023-07-15 | Readers 585 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Islam et Bouddhisme de Reza Shah Kazemi


Islam et Bouddhisme
  Un fond commun

Reza Shah-Kazemi

Traduit de l’anglais par Ghislain Chetan  Ed. Les deux Océans – Paris 2010-2017

Après plusieurs préfaces (du Dalaï Lama, du Prince Ghazi de Jordanie et du Professeur Mohammed Kamali de Malaisie qui ont participé ou encouragé à la réalisation de cette initiative), ce livre se propose d’examiner, en trois principales parties, les points communs entre l’Islam et les enseignements de Bouddha(1), au-delà des dogmes et des rites – c’est-à-dire en privilégiant la démarche gnostique, spirituelle et en se référant aux versets coraniques et aux paroles authentiques du Prophète(s) –, tout en reconnaissant l’existence de différences fondamentales entre les deux.  

uLa 1ère partie donne un tour d’horizon. En effet, en terme strictement théologique (c’est-à-dire, la connaissance de Dieu), il est clair que ces deux religions divergent – au point que certains parlent de « non-théisme » du Bouddhisme – alors que du point de vue spirituel, il existe une affinité avec lui quand il parle de l’Absolu ou de l’Ultime Réalité.

Aussi, l’auteur, encouragé par les versets qui encouragent au dialogue entre les peuples(2) et ceux qui affirment qu’un Messager a été envoyé auprès de tous les peuples(3), s’enhardit à arguer que le Bouddha est un Envoyé de Dieu sans être nommément cité dans le noble Coran, malgré les réticences du Bouddhisme.

De même, en ce qui concerne le Bouddhisme (selon le Dalaï Lama), un rapprochement des religions n’est pas impossible s’il se situe dans le cadre d’une vision d’harmonie universelle fondée sur l’esprit de sagesse et de compassion venant du cœur, mais pas sous une forme de syncrétisme ou de dissolution des traditions religieuses en une religion universelle.

vLa 2e partie aborde la conception de l’Unité (ou Unicité), l’Un, l’Unique, le non-composé, le dénominateur commun entre les deux, illustrée par la sourate al-Ikhlâs (112) et un passage de l’Udâna (80-81). Une étude comparative approfondie est alors menée, d’une part, en analysant les textes scripturaires, les notions et les mots employés et d’autre part, en observant comment se manifeste l’adoration de l’Un ou, plutôt, si elle indique l’Unicité ou l’associationnisme, tout en tenant compte des différences du monde ambiant dans lequel le Message a été révélé.

wLa 3e aborde deux notions importantes que se partagent les deux religions, malgré des différences par ailleurs : 1)celle du détachement ((az-Zuhd) en Islam et (Anicca) l’impermanence, dans le Bouddhisme) et 2)celle de la compassion ((ar-Rahma) et (Karunâ)).

-1)La cause de la souffrance – point central du message de Bouddha – étant la « soif » (tanhâ ou trishnâ en sanscrit) de l’impermanence (Anicca), la cessation de la souffrance résidera dans l’extinction de cette « soif » (le détachement), non pas en la recherchant dans la satisfaction de son ego (lui-même impermanent) mais dans l’« ultime Réalité » (qu’on appellerait en Islam la « Face de Dieu »).

A noter (au passage) une vision commune du monde ici-bas, impermanent et éphémère, et du danger des passions de l’âme (du moi).

-2)La Miséricorde (ar-Rahma) est une qualité existentielle qui présuppose la compassion (souffrir avec) et l’amour. C’est cette qualité (Karunâ) (généralement traduite par la « compassion ») que le Bouddha manifestera sous une modalité particulière.

—En épilogue, il apparait que le fond commun de ces deux traditions spirituelles de l’Islam et du Bouddhisme réside dans la notion de sainteté, le saint (al-Wali) en Islam et (Arahant/Bodhisattva) dans le Bouddhisme) représentant le sommet de la perfection humaine.

(1)En tant que toutes les écoles bouddhiques, quoique très différentes entre elles, s’accordent sur les enseignements fondamentaux de Bouddha tels exprimés dans le Canon Pâli et qui servira de référence dans cette étude.

(2)cf. 13/49 al-Hujurât ; 22/30 ar-Rûm ; 125/16 an-Nahl ; 46/29 al-‘Ankabût.

(3)cf. 47/10 Yunus ; 48/5 al-Mâ’ida ; 4/14 Ibrâhîm ; 25/21 al-Anbiyâ’ ; 43/41 Fussilât.

www.lumieres-spirituelles.net     No123 – Muharram-Safar 1445 – Juil.Août.Sept. 2023

Citations* de Islam et Bouddhisme un fond commun

†« Les autorités musulmanes proposent à présent un second chapitre au Common Word, cette fois-ci entre l’Islam et le Bouddhisme : Common Ground. Le présent livre propose une réflexion majeure examinant les points communs que partagent l’Islam et les enseignements de Bouddha. Cet essai, comme son précurseur qui découvrit des fondements scripturaires communs à la Bible et au Coran, souligne les affinités spirituelles et morales entre le Coran, le Canon Pâli, les Ecritures mahâyâniques et d’autres textes bouddhiques.»(pp25-26)

†« Cette monographie se propose d’examiner le fond commun que partagent l’Islam et le Bouddhisme dans les domaines de la spiritualité et de la moralité. Ce que nous présentons ici est une série de réflexions dans lesquelles nous avons tenté d’interpréter certains principes centraux du Bouddhisme à la lumière de la spiritualité islamique, d’une façon susceptible de nourrir, nous l’espérons, un esprit de compréhension mutuelle et de dialogue fécond entre les fidèles des deux confessions. »(p31) 

†« Nous suggérons que la Réalité ultime affirmée par le Bouddhisme n’est rien d’autre que ce à quoi les monothéistes se réfèrent en l’appelant Dieu ; ou plus précisément, en termes islamiques, l’Essence (al-Dhât) de Dieu. »(p37)

†« Sur la base de ces prémisses, il devrait être possible d’avancer un argument sérieux en faveur de l’assertion que le Bouddha était un messager inspiré par Dieu, et porteur d’un message destiné à devenir le fondement d’une communauté religieuse mondiale. Il n’est pas nommément cité dans le Coran, mais à la lumière de ce qui est dit dans la sourate 4:164, on peut avancer que le Bouddha pourrait bien être un des Envoyés non explicitement mentionnés dans la Révélation islamique. Cet argument est renforcé si l’on considère que plus de dix pour cent des habitants du globe appartiennent à la communauté inaugurée par le Bouddha ; si « pour chaque communauté, il y a un Envoyé », il paraîtra logique de conclure que le Bouddha est l’Envoyé pour cette vaste communauté de croyants.»(pp47-48)

†« La philosophie bouddhique peut donc se lire comme un développement du nafy, la négation, du premier témoignage de l’Islam : lâ ilâha, « pas de divinité ». L’ithbât, ou l’affirmation, illa’Llâh, « si ce n’est la Divinité », peut se lire dans ce contexte comme l’intuition d’une Réalité ineffable qui apparaît dans la mesure même où toutes les fausses conceptions de la Réalité ont été éliminées. »(p82)

†« Le Dharma peut donc se comprendre en deux sens distincts, philosophique ou ontologique l’un, pédagogique ou pratique l’autre. Dans le premier sens, il désigne ce que la pensée islamique comprend comme l’Essence (al-Dhât) : l’Essence de Dieu est l’Absolu (en termes théologiques) et la seule Réalité (en termes spirituels). Toutes les essences particulières sont relatives (en termes théologiques) ou illusoires (en termes spirituels). Dans le sens pédagogique ou pratique, le Dharma comme enseignement, loi, norme, etc., peut-être envisagé comme correspondant à la Sharî’a (exotériquement) et à la Tariqa (ésotériquement). Pris dans les deux sens, ontologique et pratique, le simple terme Dharma dans le Bouddhisme pourrait alors correspondre approximativement au ternaire de l’Islam : al-Haqîqa, al-Tarîqa, al-Sharî’a : La Réalité essentielle, la Voie spirituelle et la Loi religieuse. »(pp111-112)

†« Le principe de compassion, qu’incarnait si parfaitement le sage Gautama, transcendait infiniment sa propre individualité empirique. »(p155)

†« Le fond commun sur lequel s’accordent les traditions spirituelles de l’Islam et du Bouddhisme est le principe de l’unité absolue, celle dont témoignent les textes révélés des deux traditions, et dont la réalisation, par l’âme individuelle, hic and nunc, constitue le but ultime des deux religions. C’est par rapport aux concomitances de l’unité que les deux religions définissent la sainteté : l’unité exige la parfaite connaissance, laquelle à son tour exige l’effacement total de soi-même dans cette connaissance, et le don inconditionnel de soi aux autres dans la compassion.»(p175)

*Nous rappelons que les citations sont des reproductions telles quelles de passages du livre, sans correction de notre part.

www.lumieres-spirituelles.net     No123 – Muharram-Safar 1445 – Juil.Août.Sept. 2023


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