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2021-08-08 | Readers 616 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

L’avidité (al-hirs) (الحِرص) blâmable (1)


L’avidité (al-hirs(1)

1-Sa définition (1)

Voici l’étude d’une première maladie du cœur liée à l’amour (blâmable) pour les biens/argent : l’avidité (al-hirs). Et en premier lieu, sa définition.

Bien que le sens de l’avidité soit clair pour tout le monde de façon générale, il est bien de voir avec précision le sens de ce mot. Dans le Larousse on trouve : « L’avidité est un désir immodéré de posséder quelque chose. »

öOn peut constater que, dans le noble Coran, le Messager de Dieu(s) est qualifié d’avide (harîs), plein de sollicitude pour les gens de son entourage (128/9 at-Tawba), très avide à ce que les gens soient bien guidés (36/16 an-Nahl & 103/12 Yûsuf). De même, pour qualifier le comportement de l’homme par rapport à ses femmes (129/4 an-Nisâ’).

öDe même, il existe des propos rapportés qui mentionnent ce mot (al-hirs) dans un sens louable comme ceux du Prince des croyants(p) : « Des marques d’entre eux [les pieux] : tu vois qu’il y a une force dans la religion (…) une avidité dans le savoir.. »(1) et celui-là où il(p) parle d’avidité pour le jihâd et la piété.(2)  

Il est rapporté de l’Imam al-Bâqer(p) : « Pas d’avidité comme la concurrence dans les degrés [dans la proximité de Dieu]. »(3)

On peut en conclure que « l’avidité pour le monde ici-bas est un vice alors que l’avidité pour l’Au-delà et les choses morales, spirituelles est une vertu. »(4)

L’objet de notre étude est l’avidité blâmable qui représente un des pires défauts de l’être humain.

öSheikh Hassan al-Mustafawî, dans son Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm, donne comme définition de l’avidité : « le fort désir pour qqch avec l’effectivité et l’acte, de sorte que son penchant est excessif. »

öSheikh an-Naraqî(qs) donne comme définition de l’avidité, dans son Jâmi‘u as-sa‘âdât : « Une disposition dans l’âme, recherchant ce dont elle n’a pas besoin en biens/argent et qui ne lui est pas profitable, sans aboutir à une limite qui la satisfait. Elle est la plus forte branche de l’amour pour ce monde et la sorte la plus connue. Il n’y a pas de doute qu’elle est l’un des pires vices de l’être humain le menant à sa perte, le jetant dans le plus profond des abîmes. »(5)

öSheikh Makârem ash-Shîrâzî cite, dans son Al-Akhlâq fî-l-Qurân, différentes définitions selon qu’il s’agit de savants linguistiques ou de savants de la morale.

Ÿ« Selon ar-Râgheb dans ses « Mufradât », « l’avidité est le fort désir et le penchant vers quelque chose de déterminé. » Et il voit que le sens fondamental de ce mot vient de « la pression sur le vêtement au moment de le laver avec de l’eau en frappant dessus avec un morceau de bois ou autre. »

ŸLe Prince des croyants(p), interrogé sur ce qu’est l’avidité (al-hirs) répondit : « C’est demander le peu avec la perte du beaucoup. »(6)

ŸLes savants de la morale rattachent l’avidité (al-hirs) à la force des instincts/passions (ash-shahwat) et ont évoqué comme définition : « L’avidité (al-hirs) est un attribut de l’âme qui pousse l’individu à amasser plus que ce dont il a besoin. Elle est une branche de l’amour pour ce monde et des attributs menant à la perdition et à la morale corrompue. » Ils comparent l’avidité au désert aux extrémités immenses, à la terre illimitée. Chaque fois que l’homme la parcourt, il n’arrive pas à ses limites.

L’avide est éprouvé par l’avidité comme le malade assoiffé dont la soif augmente chaque fois qu’il boit. Il n’accepte aucune preuve logique à son comportement. On le remarque notamment chez les vieux qui, malgré leur grand âge et leur fin proche, continue à amasser de l’argent. Il est rapporté du Messager de Dieu(s) : « Bani Adam vieillit mais deux attributs rajeunissent en lui : l’avidité et la longueur de l’espoir. »(7) »                                                            

 Al-Akhlâq fî-l-Qurân de sh. Makârem ash-Shîrâzî, vol.2 pp81-82

öQuant au livreAl-Akhlâq al-madhmûmat ‘alâ daw’ fikr al-imâm al-Khomeynî(qs), il commence par donner la définition de l’imam al-Khomeynî(qs) avant de continuer à la définir par son contraire.

« L’imam al-Khomeynî(qs) définit ainsi ce laid défaut : « Un désir ardent de l’âme pour la vie en ce monde et ses affaires et son fort attachement aux causes, et cela suite à l’orientation du cœur pour les gens de ce monde et sa multiplicité. »(8)

On peut noter que l’« attachement aux causes » fait partie des marques/signes sur lesquelles nous reviendrons dans la seconde partie.

Pour bien connaître ce qu’est l’avidité blâmable, il fait connaître son contraire.

öPour comprendre la question selon l’ensemble des côtés, il nous faut aussi connaître ce qu’est le contraire de l’avidité – le fait de compter (sur Dieu) (at-tawakkul) – et savoir ce que ceci signifie.

Le fait de compter (sur Dieu) est un état au niveau du cœur. Avec cet état, le croyant sent nécessaire de compter sur Dieu pour les résultats, quels qu’ils soient. Et cet état ne se stabilise dans le cœur qu’après que le croyant se fut plié à ce dont il est responsable, à ce qu’il est chargé d’accomplir, sur quoi il sera interrogé.

Dieu (qu’Il soit Exalté) nous a ordonné de compter sur Lui dans l’effort et le combat, dans le sens de ne pas désespérer de réussir ou de remporter la victoire. Aucun être raisonnable ne comprend le fait de compter sur Dieu comme se soumettre passivement, totalement et s’asseoir, sans chercher à faire quelque chose.

L’avidité, qui est le contraire du fait de compter (sur Dieu), est aussi un ordre au niveau du cœur. C’est une maladie qui touche l’être humain pour des raisons que nous allons indiquer prochainement.

Sauf que la chose la plus dangereuse en cette maladie – qui est le centre de la question – est l’absence de confiance dans les Promesses divines, dans Ses Lois qui généralisent et englobent l’ensemble des lois. Même ! L’ensemble des lois et règles du monde sont liées à une Loi divine grandiose que le Prince des croyants a exprimée en ces termes : « Celui qui demande l’Au-delà, ce bas-monde (ad-Dunia) le demande jusqu’à ce qu’il ait épuisé ses ressources de lui (celles d’ad-Dunia). »(9)

Et dans un autre propos rapporté de lui(p) : « [Dieu] vous a garanti les ressources et vous a donné l’ordre de travailler. Alors, que la demande de ce qui vous est assuré ne soit pas prioritaire sur ce qui vous est obligatoire de faire. Mais, par Dieu ! le doute s’est mis en travers (s’y est opposé) et la certitude a été touchée d’un mal au point d’être devenue comme si ce qui vous est assuré était obligatoire et que ce qui vous était imposé a été écarté de vous ! »(10) »

Al-Akhlâq al-madhmûmat ‘alâ daw’ fikr al-imâm al-Khomeynî(qs) pp352-353

« L’avidité qui est évoquée dans les livres de morale est l’avidité dans le sens négatif, qui est en réalité une sorte de peur mélangée à de la convoitise (at-tama‘).

L’individu a peur de manquer de quelque chose et en même temps, il le convoite, il en est avide.

Ce n’est pas seulement un état de peur qui prend le dessus mais aussi la volonté de maitriser la chose, la sauvegarder, qu’elle reste avec lui et qu’elle ne s’en aille pas, comme s’il y avait aussi un aspect d’avarice, d’un certain côté. »

Conférence de s. Abbas Noureddine, 5-4-2006

(1)du Prince des croyants(p), Nahj al-Balâgha, Khutbat al-muttaqîna (des pieux) No193 p439.

(2)du Prince des croyants(p), Bihâr al-Anwâr , vol.64 p281 H3 et p294 H18.

(3)de l’Imam al-Bâqer(p), Tuhf al-‘uqûl p286, cité par Mizân al-hikmah, vol.2 p320 au mot (al-hirs).

(4)Dirasât akhlâqiyyah, al-Akhlâq al-madhmûmat ‘alâ daw’ fikr al-imâm al-Khomeynî(qs) p351

(5)Jâmi‘u as-sa‘âdât de sh. an-Narâqî, vol.2 p336.

(6)Safînat al-Bihâr au mot (hirs) ; Mustadrak al-wasâ’il, vol.12 p60.

(7)Bihâr, vol.70 p22.

(8)Junûd al-‘aql wa-l-jahl de l’imam al-Khomeynî(qs) p205.

(9)Nahj al-Balâgha, Qisr al-Hikm No426 pp746-747.

(10)du Prince des croyants(p), Nahj al-Balâgha, Khutbat No114 p275.

www.lumieres-spirituelles.net     No111 – Moharram-Safar 1443 – Août-Septembre-Oct. 2021



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