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2019-08-25 | Readers 665 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-Burûj (les constellations) (85) (6)


Sourate al-Burûj  (les constellations) (85) (6)

بسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par le Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

إِنَّ الَّذِينَ فَتَنُوا الْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِنَاتِ ثُمَّ لَمْ يَتُوبُوا فَلَهُمْ عَذَابُ جَهَنَّمَ وَلَهُمْ عَذَابُ الْحَرِيقِ (10)

Inna al-ladhîna fatanû al-mu’minîna wa-l-mu’minâti thumma lam yatûbû fa-lahum ‘adhâbu jahannama wa lahum ‘adhâbu-l-harîqi ;

Certes, ceux qui ont fait subir des épreuves aux croyants et aux croyantes et qui après ne se sont pas repentis, à eux le châtiment de l’Enfer et le supplice d’être brûlé ;

إِنَّ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ لَهُمْ جَنَّاتٌ تَجْرِي مِن تَحْتِهَا الْأَنْهَارُ ذَلِكَ الْفَوْزُ الْكَبِيرُ (11)

inna al-ladhîna âmanû wa ‘amalû as-sâlihâti lahum jannâtunn tajrî min tahtihâ al-anhâru dhâlika al-fawzu al-kabîru ;

certes, ceux qui ont cru et accompli de bonnes actions, à eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, cela est le très grand triomphe ;

إِنَّ بَطْشَ رَبِّكَ لَشَدِيدٌ (12) إِنَّهُ هُوَ يُبْدِئُ وَيُعِيدُ (13) وَهُوَ الْغَفُورُ الْوَدُودُ (14) ذُو الْعَرْشِ الْمَجِيدُ (15) فَعَّالٌ لِّمَا يُرِيدُ (16)

inna batsha rabbika la-shadîdunn ; innahu huwa yubdi’u wa yu‘îdu ; wa huwa al-ghafûru al-wadûdu ; dhû-l-‘arshi al-majîdu ; fa‘‘âlunn limâ yurîdu ;

certes, la Force de ton Seigneur est terrible ; certes, c’est Lui Qui commence et refait ; et Il est Celui qui pardonne sans cesse, le Tout-Affectueux, Possédant l’Arche, le Très-Glorieux, Faisant ce qu’Il veut.

Reprise de la sourate par groupe de versets en nous aidant de l’interprétation de cette sourate par sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans « al-Amthal », de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm », de docteur Mahmoud Bostani dans « al-Tafsîr al-binâ’î lil-Qorân al-karîm », de sheikh al-Hawîzî dans son « Tafsîr Nûr ath-Thaqalayn » (vol.8) et d’Ibn ‘Arabî, vol.2 pp787-791.

Après avoir réparti les versets de cette sourate en quatre groupes en nous appuyant sur des particularités communes aux versets de chacun des groupes, nous sommes en train d’étudier de façon un peu plus approfondie chacun de ces groupes. La dernière fois, nous avons entamé l’étude du troisième groupe de versets qui commencent chacun par la particule d’insistance « inna » (certes) pour confirmer des vérités générales et insister sur leur inéluctabilité. Voici l’étude de la deuxième Vérité fondamentale.

ÉTUDE LEXICALE DU 3e GROUPE DE LA SOURATE (2ère partie)

 « as-sâlihâti » : nom d’action du verbe « salaha » (dont l’idée fondamentale unique est ce qui est exempt de toute corruption, (précédé par le verbe « amilû » (faire, agir) indiquant que nous sommes au niveau des actes) = (les actes) exempts de défaut, de défaillance, de corruption, les bonnes actions, la bonne morale, le jihad dans la voie de Dieu (c’est-à-dire faire prévaloir la Vérité même au dépens de sa vie).

« dhâlika » : pronom démonstratif indiquant l’éloignement, utilisé pour indiquer la grandeur de ce qui suit.

« al-fawz » : nom d’action du verbe « fâza » (= enlever, emporter, être vainqueur, indiquant l’atteinte du bien et des bienfaits, un niveau qui vient après « al-falâh » (= salut, délivrance, bonheur, félicité), le salut, la victoire, la réussite, la victoire/réussite étant de ses corollaires) = victoire, succès, salut.

ÉTUDE PLUS APPROFONDIE DU 3e GROUPE DE VERSETS DE LA SOURATE (2)

2)La deuxième vérité annonce le Paradis et la victoire pour les croyants qui font de bonnes actions.

Deux conditions sont requises pour atteindre le Paradis et la victoire : croire en Dieu Unique et faire de bonnes actions.

Il ne suffit pas de croire (au niveau du cœur) et en même temps, s’allier aux tyrans ou se taire devant ce qui est blâmable. Ainsi, Dieu promet aux croyants qui s’arment de patience, font des bonnes actions, luttent dans la voie de Dieu, les Jardins (le Paradis) où coulent les ruisseaux en précisant que c’est là la très grande victoire.

De même, il ne suffit pas de faire des bonnes actions et en même temps, ne pas croire en Dieu.

A la fin, il est précisé que c’est une très grande victoire. Pourquoi cette dernière précision ?

Sans doute parce que les criminels ont, selon les apparences, remporté la victoire après avoir massacré tous les croyants et avoir fait taire leur voix.

Dieu veut rappeler que cette victoire en ce monde n’est qu’apparente, éphémère alors que la vraie victoire, éternelle, bienheureuse, ce sont les croyants qui l’ont emportée.

Pour Ibn ‘Arabi, « al-kabîr » (le très grand) a le sens de « complet » : la très grande victoire et il n’y a pas de victoire plus grande que celle-là. (cf. p789)

L’histoire des croyants d’al-Ukhdûd(1)

®Selon le « Tafsîr d’al-Qommî », il s’agirait du dernier roi himyarite Dhû Nuwâs fils d’As‘ad qui régna 70 avant la naissance du Prophète Mohammed(s). Il se fit appeler Youssef fils de Sharahbîl quand il se convertit au judaïsme. Il avait entraîné avec lui sa tribu au judaïsme.

Un jour, il apprit l’existence d’une communauté pratiquant la religion chrétienne du Prophète ‘Issa(p) à Najran, sous la direction d’un certain Abdallah fils de Baryâman (ou Yâman).(2)

Il exigea d’eux qu’ils renient leur religion et se convertissent au judaïsme pour les placer sous son autorité. Ces derniers refusèrent. Il se rendit alors à Najrân en juin 522 et fit réunir les notables de la ville en son honneur. Mais il les garda prisonniers et fit encercler la ville par ses troupes. Puis il rassembla tous les habitants de la ville et sous les menaces, il les somma de renier leur religion, de devenir juifs sinon ils seraient tués. Les habitants de la ville refusèrent de renier leur religion.

Le roi les fit alors brûler vifs en les jetant dans un fossé rempli de feu (ou tua une partie d’entre eux par le sabre, selon d’autres propos rapportés). Il est dit que plus de 20 000 personnes furent tuées. (Selon des sources chrétiennes, 427 moines périrent). Ceux qui étaient avec le roi assistèrent à cette tragédie. Selon « Jawâm’ al-Jâmi‘ »(3), le feu se serait retourné contre ceux qui avaient fait subir le supplice du feu aux croyants et ils auraient été brûlés. D’où la précision dans le verset du {supplice du fait d’être brûlé}.(4) Cela se passa en octobre ou novembre 523 apJC.

De même, selon le « Tafsîr d’al-Qommî », un homme (Daws Dhû Tha‘lbân) put s’échapper. Les soldats du roi ne purent le rattraper. Ce serait lui qui informa de ce massacre. En apprenant cela, l’empereur d’Abyssinie (l’actuelle Ethiopie) envoya les armées du roi d’Aksoum Kaled(5) pour défendre ou venger ces Chrétiens tombés en martyrs. Il mit fin au règne de Dhû Nawâs (qui mourut peu de temps après) et à la mainmise juive sur la partie méridionale de la péninsule arabique. Cette région passa sous le contrôle des Perses Sassanides, en 570, avant d’être conquise par les Musulmans en l’an 628 ap.JC.

®Dans son « Histoire des Prophètes(p) », sheikh Sadûq reproduit des propos du Prince des croyants(p).

L’un est rapporté par l’Imam al-Bâqer(p) disant que « les gens d’al-Ukhdûd étaient des Habashites. Un ‘Prophète’ leur fut envoyé qu’ils traitèrent de menteur. Ils creusèrent un fossé, y allumèrent un feu et menacèrent de jeter dans le feu ceux qui avaient cru en lui. Beaucoup se mirent de côté et beaucoup furent jetés dans le feu. Il y avait une femme qui hésitait à se jeter dans le feu à cause de son fils de 2 mois qu’elle portait dans ses bras. C’est alors que Dieu fit parler le bébé : « Ô mère, jette-toi et moi avec toi dans le feu, parce que cela en Dieu est peu de chose. » »

Et un autre par l’Imam as-Sâdeq(p) : « Ces gens étaient des gens du Livre. »(Bihâr, vol.14 pp338-440)

®Selon le « Tafsîr d’ath-Tha‘alabî », cette tragédie concernerait les compagnons du Prophète Daniel(p) de bani Isra’îl. Elle est évoquée dans le Livre de Daniel dans la Tora.(6) [Elle se serait passée en Irak. Trois hommes furent jetés dans la fournaise. Mais ils ne brûlèrent pas, sauvés par un Ange.]

(1)cf. L.S. No94 dans la rubrique Les Lieux Saints : « Les vestiges de la ville des compagnons d’al-Ukhdûd à Najran en Arabie Saoudite », où nous avons exposé un propos rapporté sur leur histoire. En voici d’autres.

(2)Il s’agirait sans doute des derniers ébionites ou nazaréens (nasârat) qui ne reconnaissaient pas la divinité de nabi ‘Issa(p).

(3)cité par al-Qommî avec la référence de la page p536.

(4)cité par Tafsîr Nûr ath-Thaqalayn, vol.8 p694.

(5)Il existe dans les archives de l’Eglise copte d’Alexandrie une lettre du Négus d’Aksum faisant un rapport de sa campagne militaire à Najrân dans le but de protéger ses coreligionnaires. Son armée y resta et le négus y construisit une grandiose cathédrale en l’honneur du martyr de cette persécution, St Hârith (ou Arethas en grec), cathédrale qui devait rivaliser avec la Ka‘bah comme lieu de pèlerinage. (Cf. plus loin pp… l’histoire des Premiers Chrétiens dans la Péninsule arabique.)

(6)cité par al-Amthal de sheikh Makârem Shîrâzî, vol.20 p82.

www.lumieres-spirituelles.net     No99  - Moharram-Safar 1441 – Septembre-Octobre 2019


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