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2019-04-30 | Readers 630 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-Burûj (les constellations) (85) (4)


Sourate al-Burûj  (les constellations) (85) (4)

بسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi,

Par le Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

قُتِلَ أَصْحَابُ الْأُخْدُودِ (4)

Qutila ashâbu-l-ukhdûdi ;

(Que)soient tués les gens du long fossé (4)

النَّارِ ذَاتِ الْوَقُودِ (5)

an-nâri dhâti-l-waqûdi ;

[au]le feu plein de combustibles (5)

إِذْ هُمْ عَلَيْهَا قُعُودٌ (6)

idh hum alayhâ qu‘ûdunn ;

alors qu’eux sur/à côté de lui sont assis (6)

وَهُمْ عَلَى مَا يَفْعَلُونَ بِالْمُؤْمِنِينَ شُهُودٌ (7)

wa hum ‘alâ mâ yaf‘alûna bi-l-mû’minîna shuhûdunn ;

et eux sont témoins  de ce qu’ils font des croyants ; (7)

وَمَا نَقَمُوا مِنْهُمْ إِلَّا أَن يُؤْمِنُوا بِاللَّهِ الْعَزِيزِ الْحَمِيدِ (8)

wa mâ naqamû minhum illâ an yu’minû bi-llâhi al-‘azîzi al-hamîd ;

à qui ils ne reprochaient que de croire en Dieu le Tout-Puissant/Digne, le Digne de Louange (8)

الَّذِي لَهُ مُلْكُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَاللَّهُ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ شَهِيدٌ (9)

al-ladhî lahu mulku-s-samâwâti wa-l-ardi wa-llâhu ‘alâ kull shay’inn shahîdunn ;

à Qui appartient la royauté des cieux et de la terre et Dieu est Témoin de toute chose. (9)

Reprise de la sourate groupe par groupe en nous aidant de l’interprétation de cette sourate par sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm», de docteur Mahmoud Bostani dans « al-Tafsîr al-binâ’î lil-Qorân al-karîm », de sheikh al-Hawîzî dans son TafsîrNûr ath-Thaqalayn (vol.8) et d'Ibn Arabî dans son "Tafsîr al-Qurân".

Nous avons précédemment réparti les versets de cette sourate en quatre groupes en nous appuyant sur des particularités communes aux versets de chacun des groupes. Nous sommes en train de procéder à une étude un peu plus approfondie du deuxième groupe de versets après avoir pris connaissance du sens des mots.

ÉTUDE PLUS APPROFONDIE DU 2eGROUPE DE VERSETS DE LA SOURATE (suite et finp

A partir du sixième verset, nous avons à résoudre le problème de savoir à quoi renvoient les pronoms personnels (ceux sous-entendus, à la 3e p. du pluriel, sujets des verbes et les pronoms personnels « hum »).

{alors qu’eux(hum)sur/à côté de (‘alâ)lui ()sont assis (6)}

Sans aucune ambiguïté et de l’avis de tous, le pronom «  » renvoie au feu. Quant au pronom personnel « hum », les avis divergent.

La majorité des commentateurs, comme sayyed Tabâtabâ’i, disent qu’il désigne les criminels (les ‘gens du fossé’, en tant que cette appellation désigne les persécuteurs des croyants) ou ceux qui sont avec eux. La particule « ‘alâ » est alors traduite par ‘à côté du (feu)’ ou ‘sur le côté’. Et là aussi, il y a plusieurs possibilités sur lesquelles nous reviendrons avec le verset suivant.

Pour Ibn ‘Arabî, ceux qui sont assis sur le feu sont les croyants jetés par les criminels dans cette fosse pleine de feu. Mais, eux en fait, ne subissent pas le supplice du feu, ou plutôt ne le sentent pas en tant qu’ils sont dans un autre monde, qu’ils trouvent leur respiration dans le ciel de la Sainteté, qu’ils goûtent à l’esprit des Souffles divins. (cf. Tafsîr d’Ibn ‘Arabi, vol.2 p788)

{et eux(hum)sont témoins de ce qu’(ils)font des croyants (7)}

Avant de savoir à quoi renvoie le pronom personnel « hum », à noter le temps du verbe : « yaf‘alûna » : au présent (mudâra‘) indiquant, selon les commentateurs, que la combustion du feu a pris du temps.

Revenons au pronom personnel 3e p. du pluriel « hum ».

La majorité des commentateurs, comme sayyed Tabâtabâ’i, disent que ce pronom « hum » renvoie là aussi aux criminels, aux ‘gens du fossé’ qui sont assis à côté du fossé. De qui plus précisément ?

Ceux-là sont témoins de ce qui est en train d’être fait contre les croyants.

Les témoins sont-ils les mêmes que ceux qui agissent contre les croyants (suggérés par le pronom personnel sous-entendu, sujet du verbe « yaf‘alûna ») ? Ou y-a-t-il là une allusion à un troisième groupe de gens : d’un côté les victimes (les croyants), de l’autre les bourreaux qui jettent les croyants dans le feu et entretiennent le feu et un troisième groupe qui regarde les bourreaux.

Ce groupe d’observateurs, qui sont-ils ? Là aussi les avis divergent.

Tafsîr al-Amthâl(pp78-79) rappelle les différentes suggestions. Il peut s’agir :

-de croyants qui ont cédé aux pressions des oppresseurs, qui n’ont pas suivi la voie du combat (du jihad) ou qui ont renié leur foi et qui donc n’ont pas été jetés dans le feu, mais qui ont été mis sur le côté et qui voient ce qui se passe, sans rien dire, ni faire quelque chose pour les en empêcher ;

-d’un groupe de gens au cœur dur qui regardent avec satisfaction ce qui est fait aux croyants ; ou qui regardent pour attirer les faveurs du tyran ;

-d’un groupe de gens qui regardent ce qui est fait aux croyants, non pas avec satisfaction, mais qui ne disent rien, ne protestent pas, ne font rien pour empêcher ces exactions ;

-de deux groupes, l’un chargé de l’exécution des tâches (les supplices), et l’autre de la surveillance de l’exécution de ces tâches, les deux groupes obéissant aux ordres du tyran ;

-le tyran et sa cour qui assistent au supplice.

Pourquoi ces incertitudes ou cette imprécision ? Pour laisser la porte ouverte à la réflexion ou à la compréhension de toutes les situations que l’on peut rencontrer au cours du temps ? Car toutes ces hypothèses sont plausibles, voire en même temps.

S’il s’avère que la présence de ce troisième groupe est confirmée, D. Bostani en conclut que l’objectif de l’évocation de cet évènement est de faire aussi porter la responsabilité à ceux qui se taisent devant la vérité, qui ne protestent pas contre ce que font les tyrans à l’encontre des croyants à cause de leur croyance. Leur silence les rend complices de ce massacre et va leur faire subir le même châtiment qu’à ceux qui ont fait subir des épreuves aux croyants. (cf. p318).

Pour Ibn ‘Arabî, ce second « hum » renvoient aux mêmes croyants, les « gens du fossé », assis sur le feu, témoins de ce que les incroyants sont en train de leur faire subir (le supplice du feu). Le voile de ce monde leur est déchiré et, tournés vers Dieu, ils ne voient que Lui, dont la Description est donnée dans les deux versets suivants. (cf. Tafsîr d’Ibn ‘Arabi, vol.2 p788)

Mais alors pourquoi ne pas les nommer plus clairement ?

{à qui ils ne reprochaient que de croire en Dieu le Tout-Puissant/Digne, le Digne de Louange (8)

 à Qui appartient la royauté des cieux et de la terre et Dieu est Témoin de toute chose. (9)}

Qui reprochait aux croyants leur croyance en Dieu Unique ? Le tyran oppresseur seul ou aussi les gens avec lui : sa cour ? ses troupes ? son peuple ? les peuples qui s’étaient soumis au tyran ?

Pourquoi étaient-ils gênés par leur croyance ? Parce que ces croyants ne voulaient pas se soumettre à leur autorité ou remettaient en cause leur autorité ?

Vient ensuite une Description de ce Dieu en Lequel croient les croyants : le Tout-Puissant/Digne, le Très Digne de Louange, à qui appartient les cieux et la terre, qui est Témoin de toute chose.

C’est-à-dire Tel qu’Il se manifeste à eux : Présent pour les croyants mais voilé aux incroyants, Témoin des exactions qui leur sont faites même si les criminels ne Le voient pas, Témoin de la foi, de la patience et de la fermeté des croyants persécutés.

Quel est le lien entre l’histoire des gens d’al-Ukhdûd et les versets du serment ?

Si le verbe « qutila » est considéré comme une malédiction à l’encontre les gens d’al-Ukhdûd pour avoir persécuté les croyants, on peut comprendre que le serment est fait en vue de la réalisation de cette malédiction. Y-a-t-il un lien entre ce sur quoi a été fait le serment divin et la malédiction sur les assassins des croyants d’al-Ukhdûd ? Si oui, lequel ?

Pourquoi l’histoire des gens d’al-Ukhdûd (qui a eu lieu peu avant la venue du Prophète Mohammed(s)) lui est-elle évoquée ? En exemple de comportements en lien avec la situation vécue par le Prophète(s) et ses partisans à La Mecque, au début de sa mission ? Pour qu’elle ne soit pas oubliée ? Y a-t-il d’autres sourates ou versets qui évoquent leur histoire ?  Il semblerait que non, la sourate ar-Rûm (30) qui a été révélée plus tard, parle de la défaite des « Rûms » (‘romains’, ‘byzantins’) sans les qualifier de ‘croyants’.

www.lumieres-spirituelles.net N°97 - Ramadan-Shawwal 1440 - Mai-Juin 2019


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