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2018-11-04 | Readers 33 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sur les traces des « As’hâb al-Ukhdûd » à Najran


Sur les traces

des compagnons d’al-Ukhdûd

à Najran en Arabie Saoudite

Si vous vous trouvez en Arabie Saoudite, prenez la route du sud, en direction du Yémen pour vous rendre à Najran. La province de Najran est entourée au nord-ouest par celle de ‘Asîr (à 250km de la ville de ‘Asîr), au nord-est celle de Riyâd (à 1000km de la ville de Riyâd), à l’est celle de Sharqiyah et au sud du Yémen à laquelle Najran appartenait jusqu’à son annexion par l’Arabie Saoudite en 1934. L’emplacement des vestiges de l’ancienne ville de Najran se trouve non loin de l’actuelle ville de Najran, des villes de Jouf al-Muamer et d’al-Wadeen.

Après avoir traversé des régions désertiques, vous trouverez les vestiges d’une ancienne grande ville datant de la fin du Ve siècle qui fut soudainement détruite au VIe siècle apJC. Elle était située sur une ancienne route commerciale. A l’heure actuelle, il ne reste de cette grande ville, plus que des murs de maisons en pierre, recouverts de dunes de sable et de plantations, avec en arrière-plan les montagnes de l’actuel Yémen.

On peut compter des vestiges d’environ 25 bâtisses et d’un mur les encerclant de 220m sur 230m en pierres carrées. A l’extérieur, au sud un cimetière.

Des fouilles en ce lieu ont permis de mettre à découvert des objets en verre, en métal, en poterie et en bronze, mais surtout des traces de feu et des os brûlés, témoins du martyre de quelques milliers de croyants. Certaines pierres portent des inscriptions et des représentations d’animaux et même d’une main humaine.

Certaines pierres portent des inscriptions et des représentations d’animaux et même d’une main humaine.

En effet cette ville est devenue tristement connue pour le massacre de chrétiens croyants qui y eut lieu en 523 apJC. Cette tragédie est également évoquée dans le noble Coran dans la sourate 85 (les Constellations) sous le nom de « ashâb al-Ukhdûd » (dans le sens « le long fossé »).

L’Histoire des « Gens du long Fossé » (ashâb al-Ukhdûd)

Dans les propos rapportés, plusieurs versions sont évoquées à propos des « Gens du long Fossé ». Nous présentons ici la version de Tabrisî selon une chaîne de transmission remontant au Messager de Dieu(s) qui est la plus répandue :

*« Parmi vos prédécesseurs vécut un roi au service duquel se trouvait un sorcier. Quand le sorcier tomba malade, il dit au roi : « Mon terme est proche, envoie-moi un jeune homme à qui j’apprendrai la sorcellerie ». Le roi lui envoya un jeune homme qu'il initia à la sorcellerie.

*Sur le chemin entre sa maison et le sorcier du roi, se trouvait un moine. Le garçon se rendait chez lui et écoutait, ses paroles et son ordre lui plaisaient.

*Passant du temps chez lui, il arrivait en retard chez le sorcier qui le frappait, de même quand il rentrait chez lui. Il s'en plaignit au moine qui lui dit : « Ô mon fils, quand tu arrives en retard chez le sorcier, dis-lui que tes parents t’ont retenu et quand tu arrives en retard chez ta famille, dis-leur que le sorcier t'a retenu. »

*Et ainsi passaient les journées jusqu’au jour où il vit sur son chemin une énorme bête qui empêchait les gens de passer. Il se dit : « Je saurai aujourd'hui lequel est le meilleur à suivre, le moine ou le sorcier. » Il prit une pierre et dit : « Mon Dieu, si l'ordre du moine T'est préférable alors accueille cette bête [fais-la mourir]. » Il lança la pierre sur la bête et la tua sur le coup et les gens purent circuler librement. Il en informa le moine qui lui dit : « Ô mon fils ! Tu vas être mis à l'épreuve. Alors, ne me nomme pas. »

[Le jeune homme] posait ses mains sur les gens et il guérissait l'aveugle, le lépreux.

*Un homme de l'entourage du roi devint aveugle. Il se rendit alors chez lui avec beaucoup d’argent et lui dit : « Guéris-moi et tout cela est pour toi ». Il dit : « Je ne guéris personne, mais c’est Dieu qui guérit. Si tu crois en Dieu, je L'invoquerai pour qu'Il te guérisse ». L'aveugle dit : « Je crois en Dieu. » Il invoqua Dieu pour lui et il fut guéri. Il [celui qui était aveugle] partit et se rendit chez le roi qui lui demanda qui l’avait guéri. Il dit : « Mon Seigneur (rabbî). »  –  « Moi ? » –  « Non ! Mon Seigneur et ton Seigneur, Dieu ! » –  « Tu as un autre seigneur que moi ?! » –  « Oui ! Mon Seigneur et ton Seigneur, Dieu !  »

[Le roi] l’emmena et [le tortura] jusqu'à ce qu'il lui indiquât lejeune homme.

*Il demanda après le jeune hommeet lui dit : « J’ai été informé que tu guérissais l’aveugle et le lépreux. » Il dit : « Je ne guéris personne, mais c'est mon Seigneur qui guérit. » –  « As-tu un autre seigneur que moi ?! » –  « Oui ! Mon Seigneur et ton Seigneur, Dieu !  »

*[Le roi] l’emmena et [le tortura] jusqu'à ce qu'il lui indiquât le moine. Il posa la scie sur lui [le moine] et scia [le corps du moine] en deux.

*Puis il dit au jeune homme : « Abandonne ta religion. » Il refusa.

*Alors il le livra à ses hommes, leur disant : « Escaladez telle montagne, qu’il renonce à sa religion, sinon précipitez le dans le vide ». Ils escaladèrent la montagne et il [le jeune homme] dit : « Mon Dieu Protège-moi d'eux par ce que Tu veux. » La montagne trembla, précipitant ainsi tous les hommes dans le vide.

*Il [le jeune homme] se rendit chez le roi qui lui demanda : « Qu'as-tu fait de tes compagnons ? ». Il dit : « Dieu m’a protégé d’eux. »

*Le roi le livra à un autre groupe avec ordre de l'embarquer sur un bateau, leur disant : « Qu’il renie sa religion, sinon noyez-le ! » Ils partirent sur une longue embarcation. Arrivé au large, il dit : « Mon Dieu ! Protège-moi d'eux par ce que Tu veux. » L’embarcation se renversa avec eux.

*Il [le jeune homme] s’en alla, se dressa devant le roi qui lui demanda : « Qu'as-tu fait de tes compagnons ? »  – « Dieu m’a protégé d’eux ».

*Puis il ajouta : « Tu ne me tueras pas tant que tu n’auras pas fait ce que je t’ordonne de faire. Rassemble les gens puis crucifie-moi sur ce tronc. Prends une flèche de mon carquois et place-la au milieu de l’arc et lance-la en disant : « Par le Nom du Seigneur du jeune-homme. » Tu me tueras alors. »

*[Le roi] rassembla les gens et le crucifia. Il prit une flèche de son carquois, visa sa tempe et la lança en disant : « Par le Nom du Seigneur du jeune-homme. » La flèche se planta dans la tempe et il [le jeune homme] mourut. Les gens dirent : « Nous croyons au Seigneur de ce jeune homme. »

*On dit alors au roi : " Tu as vu, ce que tu craignais est arrivé. A cause de toi, tous les gens ont cru. ».

*Le roi ordonna alors que l’on creuse un fossé et qu’on y allume un brasier.

*Une fois fait, il dit : « Celui qui renie sa religion, appelez-le et celui qui refuse, jetez-le dans [le feu]et laissez-le se consumer. » [Les gens se jetèrent dans le feu.]

*Vint alors une femme avec son enfant qui lui dit : « Ô ma mère ! Prends patience parce que tu es dans le vrai. » »(Bihâr, vol.14 pp441-443)

www.lumieres-spirituelles.net N°94 - Rabi' I & II 1440 - Novembre-Décembre-Janv. 2019

 


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