1. La Prière
  2. L’invocation
  3. Le Coran
  4. L’Imam al-Mahdî(qa)
  5. Connaître Dieu
  6. La Voie de l’Éloquence
  7. Spiritualité des Infaillibles(p)
  8. L’Au-delà
  9. Méditer sur l’Actualité
  10. Le Bon Geste
  11. Des états spirituels
  12. La Bonne Action
  13. Exemples des grands savants
  14. Les Lieux Saints
  15. Notre Santé morale
  16. Notre Santé physique
  17. Notre Nourriture
  18. Expces Spirituelles des autres
  19. Le Courrier du lecteur
  20. Le Livre du Mois
  21. La Femme dans l'Islam
  22. Entretiens
  23. Éditorial
  24. Divers
2018-07-11 | Readers 146 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-‘Âdiyât (les coursiers) 100 (4)


Sourate al-‘Âdiyât(les coursiers) 100  (4)

العاديات

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ وَالْعَادِيَاتِ ضَبْحًا(1)فَالْمُورِيَاتِ قَدْحًا(2)فَالْمُغِيرَاتِ صُبْحًا(3)

فَأَثَرْنَ بِهِ نَقْعًا(4)فَوَسَطْنَ بِهِ جَمْعًا(5) إِنَّ الْإِنسَانَ لِرَبِّهِ لَكَنُودٌ(6)وَإِنَّهُ عَلَى ذَلِكَ لَشَهِيدٌ(7)وَإِنَّهُ لِحُبِّ الْخَيْرِ لَشَدِيدٌ(8)

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi, wa-l-‘âdiyâti dabhann, fa-l-mûriyâti qad’hann, fa-l-mughîrâti subhann, fa-atharna bihi naq‘ann, fa-wasatna bihi jam‘ann Inna-l-insâna li-rabbihi la-kanûdunn wa innahu ‘alâ dhâlika la-shahîdunn wa innahu li-hubbi-l-khayri la-shadîdunn

Par le Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux,

par les coursiers rapides et haletants(1) qui font jaillir des étincelles,(2)

puis qui attaquent au matin,(3) puis font voler la poussière,(4)

puis pénètrent au centre de la troupe !(5)
Certes, l'homme est ingrat envers son Seigneur, (6) en est témoin (7)

et est très fort/sévère pour l’amour  du bien ! (8)

أَفَلَا يَعْلَمُ إِذَا بُعْثِرَ مَا فِي الْقُبُورِ(9) وَحُصِّلَ مَا فِي الصُّدُورِ(10)إِنَّ رَبَّهُم بِهِمْ يَوْمَئِذٍ لَّخَبِيرٌ(11)

A-fa-lâ ya‘lamu idhâ bu‘thira mâ fî-l-qubûri wa hussila mâ fî-s-sudûri inna rabbahum bihim yawma’idhinn la-khabîrunn

Ne sait-il donc pas que quand sera bouleversé ce qui est dans les tombes(9) et que sera tiré ce qui est dans les poitrines, (10) leur Seigneur sera très bien Informé d’eux en ce jour ?(11)

Reprise de la sourate, verset par verset, en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm», de docteur Mahmoud Bostani dans « al-Tafsîr al-binâ’î lil-Qorân al-karîm », de shahîd al-Mutaharî dans son « Drûs min al-Qurân » (pp75-84), de sheikh Ibn ‘Arabî dans son « Tafsîr al-Qurân » et « Tafsir é Hoda » compilation traduite par sh. Ishak Vazirhoussen.

Quant à l’interrogation réprobatrice :

أَفَلَا يَعْلَمُ إِذَا بُعْثِرَ مَا فِي الْقُبُورِ

A-fa-lâ ya‘lamu idhâ bu‘thira mâ fî-l-qubûri

*« A-fa-lâ » : « ‘a » particule d’interrogation = est-ce que ? ; « fa » lié à « idhâ » = alors ; «  » particule de négation = ne.. pas. Donc une interrogation de protestation.

*« ya‘lamu … inna » :verbe « alima » (qui signifie de façon fondamentale la présence et la compréhension de toute une chose), à la 3e p.s. au présent (mudârâ‘), complété par la particule « in » ou « inna » selon que la phrase qui suit est verbale ou nominale = ne sait-il pas que.. ?

*« idhâ .. fa » : particule qui introduit le moment où va arriver ce qui suit. Si la réponse est une phrase nominale ou commence par un impératif ou une particule, elle est précédée de la particule « fa » = lorsque, quand, si.. alors

*« bu‘thira » : verbe « ba‘thara » (mettre en désordre, disperser, renverser sens dessus dessous) à la 3e p.m.s. à la forme passive (majhûl), le sujet apparent étant «  » =  être renversé, bouleversé.

*« mâ fî » : « » pronom relatif d’habitude employé pour les choses (ce que, ce qui).  Et «» préposition indiquant le lieu ou le temps (dans, durant) = ce qu’il y a dans. Mais pourquoi avoir utilisé le pronom relatif employé pour les choses alors que le sens vise les morts ? Est-ce que parce qu’il y est fait allusion ici aux corps, la résurrection ayant lieu de corps et d’esprit ?

*« al-qubûri » : pluriel du nom « qabr » = les tombes.

Le bouleversement des tombes signifie la résurrection des morts et leur sortie des tombes. Et cette allusion aux tombes ne veut pas dire que ceux qui n’ont pas de tombe ne seront pas ressuscités. L’homme ne sait-il pas qu’il va être ressuscité, que le contenu des tombes va sortir ?

وَحُصِّلَ مَا فِي الصُّدُورِ

wa hussila mâ fî-s-sudûri

*« hussila » : 2e forme dérivée du verbe « hasala » (à l’origine pour l’extraction du cœur de l’écorce, celle des métaux et leur purification. Puis, de façon absolue, extraire, séparer, avoir lieu, surgir, arriver pour un évènement), à la 3e p.m.s. à la forme passive  (majhûl), le sujet apparent étant «  » = être tiré, extrait.

*«as-sudûri » : pluriel du nom « sadr » (la poitrine qui renferme le cœur (centre de la vie) et qui le contient (que ce soit du point de vue matériel ou spirituel).) = les poitrines. Pourquoi ce mot ici et non pas par exemple l’âme, le cœur, l’esprit ? Pourquoi parler de façon générale « les poitrines des gens » ?

De même, l’homme ne sait-il pas que ce qui est en son for intérieur va apparaître au grand jour ? Que va être séparé le bien du mal, la foi de l’incroyance, les vertus des vices. Ce Jour-là, tout sera bien distinct et apparent.  Et ne sait-il pas ce qui va arriver alors, ce qui l’attend ? La rétribution des actes de chacun !

إِنَّ رَبَّهُم بِهِمْ يَوْمَئِذٍ لَّخَبِيرٌ

inna rabbahum bihim yawma’idhinn la-khabîrunn

*« rabba-hum » : vu plus haut = leur Seigneur. Il se termine par un « a » (mansûb) à cause de « inna ».

*« bi-him » : « bi- » particule introduite par le mot « khabîr » et « him » pronom personnel au pluriel. A quoi renvoie-t-il ?

*« yawma’idhinn » : une expression adverbiale (= ce jour-là) formée à partir de « idh » indiquant une simultanéité d’évènements durant ce jour-là. Utilisé ici pour indiquer le Jour du Jugement.

*« la-khabîrunn » : mot dérivé du verbe « khabira » dont l’idée fondamentale unique est l’information complète et précise (savoir, connaître, apprendre) suivi de la particule « bi » =  très bien informé de façon complète et précise. Et le « la » d’insistance déjà vu plus tôt.

Si lui, ne le sait pas, en tout cas qu’il sache que Dieu est Celui qui sait toute chose, qui est très bien Informé. Et en ce Jour, Dieu jugera et sanctionnera en parfaite connaissance des actes des hommes.

Nous savons que Dieu (qu’Il soit Glorifié) sait en permanence ce qu’il y a dans les poitrines (pas uniquement le Jour du Jugement). Alors pourquoi l’indiquer ici ? Parce que la trace de ce savoir  sera apparente au Jour du Jugement ? Est-ce une forme de mise en garde comme pour éveiller chez les gens le sentiment du Retour à Dieu.

LIENS ENTRE LES TROIS PARTIES

Nous avons d’un côté des gens sincères prêts à sacrifier leur vie dans la voie de Dieu, prêts au Retour vers Dieu à tout instant, et d’un autre des gens ingrats devant les Bienfaits de Dieu, qui se sont noyés dans ce monde ici-bas, l’ont aimé au point d’oublier le Retour inévitable vers Dieu et les Dons divins. Aussi la troisième partie parle-t-elle des conséquences des actes de l’homme qui seront alors connus de tous et de leur rétribution finale.

L’HOMME EST-IL INGRAT PAR NATURE ?

Peut-on déduire du sixième verset que l’avarice et l’ingratitude relèvent de la nature humaine ? Prétendre cela serait en contradiction avec la conscience de l’homme dont il est fait allusion dans le septième verset en tant que témoin de ce qu’il fait, et avec sa fitra (sa nature première) qui l’appelle à remercier Celui qui donne.

Dans le noble Coran, il existe d’autres versets où il est fait allusion à des aspects négatifs de l’homme, disant qu’il est faible, pressé, injuste, ignorant, inquiet, avare.. Alors ?

L’être humain aurait deux dimensions existentielles. Il peut s’élever et atteindre les plus hauts degrés de la perfection et au contraire s’abaisser et atteindre les plus bas niveaux. S’il suit les enseignements de Dieu, développe sa saine fitra et éduque son âme, il pourra être meilleur que les Anges. Mais s’il s’éloigne de la foi, de la piété, suit les passions de l’âme, alors il deviendra la pire des créatures. Parler de l’ingratitude de l’homme, est une sorte de mise en garde contre ce second aspect, la première dimension étant suggérée par ce sur quoi le serment a été fait.

LES FAVEURS DE LA SOURATE

« Celui qui récite cette sourate et la met en pratique dans sa vie, sera ressuscité le Jour du Jugement avec l’Imam ‘Alî(p) et placé parmi ses amis proches. » (de l’Imam as-Sâdeq(p), Majma‘ al-Bayân, vol.10 p527)

 Et selon certains propos rapportés, cette sourate équivaut à la moitié du Coran. (ad-Dûr al-manthûr, vol.6 p383)

www.lumieres-spirituelles.net N°92 - Dhû al-Qa‘deh & al-Hujjah 1439 - Juillet.Août.Sept 2018


Articles précédents:

1439 (2017-2018)

1438 (2016-2017)

1437 (2015-2016)

1436 (2014-2015)

1435 (2013-2014)

1434 (2012-2013)

1433 (2011-2012)

1432 (2010-2011)

1431 (2009-2010)

1430 (2008-2009)