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2018-02-28 | Readers 499 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Sourate al-‘Âdiyât (les coursiers) 100 (2)


Sourate al-‘Âdiyât  (les coursiers) 100  (2)

سورة  العاديات

بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ وَالْعَادِيَاتِ ضَبْحًا(1)فَالْمُورِيَاتِ قَدْحًا(2)فَالْمُغِيرَاتِ صُبْحًا(3) فَأَثَرْنَ بِهِ نَقْعًا(4)فَوَسَطْنَ بِهِ جَمْعًا(5)

Bi-smi-Allâhi ar-Rahmâni ar-Rahîmi, wa-l-‘âdiyâti dabhann, fa-l-mûriyâti qad’hann, fa-l-mughîrâti subhann, fa-atharna bihi naq‘ann, fa-wasatna bihi jam‘ann

Par [la grâce du]Nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux, par les coursiers rapides et haletants(1) qui font jaillir des étincelles,(2) puis qui attaquent au matin,(3) puis font voler la poussière,(4) puis pénètrent au centre de la troupe !(5)

Reprise de la sourate, verset par verset, en nous aidant de l’interprétation de cette sourate de sayyed TabâTabâ’i dans « al-Mîzan », et de celles de sheikh Makârem Shîrâzî dans al-Amthâl, de sayyed Hassan al-Mustafawî dans son « Tahqîq fî kalimât al-Qurân al-karîm», de docteur Mahmoud Bostani dans « al-Tafsîr al-binâ’î lil-Qorân al-karîm », de shahîd al-Mutaharî dans son « Drûs min al-Qurân » (pp75-84), de sheikh Ibn ‘Arabî dans son « Tafsîr al-Qurân » et « Tafsir é Hoda » compilation traduite par sh. Ishak Vazirhoussen.

Commençons par les versets du serment.

وَالْعَادِيَاتِ ضَبْحًا(1)Wa-l-‘âdiyât dabhann,

*« wa » :Particule + nom suivi au cas indirect = pour introduire un serment.

*« al-‘âdiyât » : vient du verbe «‘adâ » (= courir, assaillir, se jeter (+ ‘alâ = être l’ennemi de..) et du mot « « ‘adû » (la course, l’éloignement, l’hostilité) celui qui court rapidement (chevaux ou chameaux).

Les avis divergent sur le sens à donner à « al-‘âdiyât ». L’avis majoritaire opte pour des chevaux rapides se précipitant vers le champ de bataille. Pour les autres, il s’agirait de chameaux transportant les pèlerins entre les stations durant le Hajj. Ces derniers s’appuient sur un propos rapporté par Ibn Abbas allant dans ce sens. Les deux points de vue peuvent être considérés dans ce verset. Le propos rapporté d’Ibn Abbas serait une indication pour ne pas limiter le sens du mot aux seuls chevaux qui ne s’appliquent pas en tout lieu ou en toute circonstance.

* « dabhann » : le bruit que fait le cheval (ou le chameau) quand il respire fort, le fait de haleter.

Le serment se fait sur des chevaux ou des chameaux, galopant vers le champ de bataille ou entre Arafat et Mina au Hajj, qui sont en train de haleter tant leur course est rapide.

fa-l-mûriyâti qadhannفَالْمُورِيَاتِ قَدْحًا(2) 

*« fa » : Particule de coordination indiquant une succession de faits  (= et, alors, donc, puis)

*al-mûriyât » : nom dérivé du verbe « arâ » (allumer, s’enflammer) = ceux qui enflamment, provoquent des étincelles.

*« qad’hann » : du verbe « qadaha » qui signifie à l’origine frapper (avec une pierre, du bois ou du fer) pour provoquer des étincelles, faire naître du feu.

Les chevaux ont des fers aux sabots qui font jaillir des étincelles quand ils se frottent aux pierres dans leur course. Si ce sont des chameaux, s’agirait-il de feux allumés par les pèlerins aux stations pour manger, ou des étincelles provoquées par des jets de pierres au passage des chameaux ?

fa-l-mughîrâti subhann   فَالْمُغِيرَاتِ صُبْحًا(3)

*« al-mughîrâti » : nom dérivé du verbe « ghâra » (s’enfoncer, pénétrer) = ceux qui foncent, passent à l’offensive, attaquent, (initialement avec des chevaux).

*« subhann » : le matin, au matin.

Les chevaux, s’étant approchés du champ de bataille la nuit, ont lancé l’offensive au lever du jour, et s’il s’agit de chameaux, le verset fait allusion à leur déplacement le jour de l’Aïd d’al-Mash‘ar à Mina.

َأَثَرْنَ بِهِ نَقْعًا(4) 

fa-atharna bihi naq‘ann  

*« atharna » : nom verbal dérivé du verbe « athar » = le fait de répandre (la poussière, la fumée) dans l’atmosphère.

*« bi-hi » : « bi » indique-t-il la cause avec « hi » (pronom personnel à la 3e p.s.) renvoyant à l’ennemi suggéré dans le mot « al-‘âdiyât » ou les circonstances avec « hi » renvoyant aux conditions de temps et de lieu ?

*« an-naq'u » : la poussière.

Ils soulèvent la poussière à leur passage, tant ils sont rapides !

Cela prouve aussi qu’ils sont maintenant sur un terrain sableux, celui du camp militaire ennemi ou entre al-Mash‘ar et Mina.

فَوَسَطْنَ بِهِ جَمْعًا(5) 

fa-wasatna bihi jam‘ann

*« fa-wasatna bihi » : qui se trouvent au centre.

*« jam‘ann » : en groupe.

Par la rapidité de leur mouvement et de leur initiative, ils se trouvent au cœur du camp ennemi pris de court. Les chevaux sont arrivés par les montagnes rocheuses et l’ennemi n’a pas fait attention à eux. A l’aube, ils se sont précipités sur le camp, soulevant la poussière de tous côtés et se sont trouvés au cœur de l’ennemi, provoquant sa déroute, grâce à leur rapidité, leur détermination et leur courage. Selon l’autre sens, il s’agirait de l’arrivée des pèlerins à Mina.

RECONSTITUTION DES CIRCONSTANCES DE LA SOURATE

Selon des propos rapportés, ces versets ont été révélés lors d’une bataille appelée Dhât as-Salâsil qui eut lieu quand les associationnistes voulurent se lancer à l’assaut des Musulmans en l’an 8H. Le Messager(s)avait d’abord envoyé des Musulmans sous le commandement d’Abu Bakr, puis celui de ‘Omar, sans succès. A la fin, le Messager de Dieu(s) envoya l’Imam ‘Alî(p) qui choisit de prendre un chemin peu connu par les montagnes, qu'ils parcoururent la nuit. A l’aube, ils lancèrent l’attaque contre l’ennemi et l’emportèrent. Ce même matin, le Messager de Dieu se rendit à la mosquée à Médine pour accomplir la

prière et il(s) récita cette sourate après al-Hamd.

Les Musulmans qui priaient derrière le Prophète(s) remarquèrent qu’il(s) avait récité une nouvelle sourate. Ils attendirent la fin de la prière pour lui(s) faire remarquer que c’était la première fois qu’ils entendaient cette sourate. Le Messager(s) répondit : « Aujourd’hui l’Ange Gabriel est descendu à moi pour m’informer que ‘Alî a dirigé les Musulmans de tel endroit et qu’il est en train de devenir victorieux. » Les gens savaient que les Musulmans étaient soumis à rude épreuve là-bas. Quelques jours plus tard, l’Imam ‘Ali rentra victorieux à Médine, avec un grand nombre de prisonniers et un important butin. (cf.Bihâr, vol.21 p66, Majma‘ al-Bayân, vol.10 p528)

Cette reconstitution concerne l’interprétation d’« al-‘âdiyât » comme étant les chevaux des combattants.

LE CONTENU DU SERMENT

Pour que le serment porte sur ces évènements, c’est qu’ils doivent être très importants et représenter quelque chose de sacré pour Dieu. Les chevaux des soldats, leur respiration, le fer de leurs sabots, les étincelles qu’ils provoquent, la poussière qu’ils soulèvent, tout cela apparait comme sacré et ayant un rang grandiose. Et quand le serment se porte sur des chevaux, de façon indirecte les combattants sont considérés. Le serment est aussi une façon d’attirer l’attention sur l’importance du jihad et de la défense de l’Islam à partir de l’exemple d’une bataille victorieuse menée par des Musulmans (et pas sous le commandement de n’importe qui, mais de l’Imam ‘Alî(p)), ou sur le Hajj, comme lieu de rassemblement et d’unité des Musulmans du monde entier.

 

www.lumieres-spirituelles.net N°90 - Rajab et Sha'aban1439 - Avril-Mai 2018


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