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  2. L’invocation
  3. Le Coran
  4. L’Imam al-Mahdî(qa)
  5. Connaître Dieu
  6. La Voie de l’Éloquence
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  11. Des états spirituels
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  19. Le Courrier du lecteur
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2018-01-14 | Readers 71 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Les religions au service de l’homme


Les religions au service de l’homme

de l’imam Moussa Sadr

Trad. de l’arabe Samar Abou Zeid

revue par J.M. Touma 2015

Ed. AlBouraq 2015

Ce livre présente la traduction en langue française de textes fondamentaux, discours prononcés par l’imam Moussa Sadr en différentes circonstances, dans lesquels il cherchait à déterminer la place et le rôle de l’Islam dans la promotion de la dignité de l’être humain et à présenter, dans cette perspective, des notions fondamentales telles que la religion, l’humanité, la foi, la raison, la spiritualité, l’évolution, la morale, l’unité, la pluralité et même la spécificité du Liban et la coexistence de ses multiples confessions.

Est exposé en premier lieu un discours prononcé par l’imam dans l’église des Capucines à Beyrouth le 18/2/1975 pendant le carême des chrétiens. (C’était peu de temps avant l’éclatement de la guerre civile qui allait déchirer le pays pendant plus de deux ans et qui ne s’arrêta qu’après le déploiement des forces militaires syriennes qui eut lieu à la demande des forces armées chrétiennes (les Forces Libanaises et les Phalanges).

Dans cette allocution, l’imam donna sa conception de la religion au pluriel qui existe pour le bien de l’homme, dénonçant les déviations effectuées par les tyrans qui, cherchant à assujettir la religion à leurs propres intérêts, ont causé beaucoup de malheurs aux peuples. En même temps, il réaffirmait l’unité de la religion parce que « Dieu est Un et que le but, qui est l’homme, est Un », appelant au « retour à l’homme » pour que « Dieu revienne à lui ».

Aussi, insistait-il sur la nécessité du dialogue entre les religions, s’appuyant sur la particularité du Liban, « pays de la rencontre, pays de l’homme, patrie des persécutés et refuge des apeurés », « dépôt confié » qui doit être « préservé », citant des propos du Christ (le Prophète Issa(p)) tirés des Evangiles et appelant à une juste réflexion et à la bonne action.

Le choix des textes proposés révèle la grande ouverture de l’imam, n’hésitant pas à se rendre dans une église, à l’Université américaine de Beyrouth (le 28/2/1967), dans un collège pour femmes (23/7/1966) ou à l’Institut des recherches islamiques (le 30/3/1971) ou encore à se déplacer à Dakar au Sénégal (le 15/5.1967), à Alger (mi-juillet 1975), à Strasbourg en France (mai 1968), pour montrer l’infinie richesse de l’Islam, mettant en exergue ses grandes valeurs comme la justice (économique et sociale), l’amour, la liberté, l’homme et la société, et insistant sur la nécessité de les défendre.

Après l’exposé de ces textes, se trouve un bref rappel de la vie de l’imam Moussa Sadr, depuis sa naissance à Qom en Iran le 4 juin 1928 dans une famille de grands savants dont les racines remontent à une famille du Liban-sud, de la lignée de l’Imam Moussa al-Kâzhem(p), en passant par son installation au Liban fin 1959, et ses dénonciations des agressions de l’entité sioniste contre le sud dès l’année 1970, par ses différents voyages en Europe et en Afrique jusqu’à sa disparition en Lybie, le 31 août 1978, dans des circonstances bien mystérieuses non encore élucidées.

Ce livre s’achève avec la reproduction d’une sélection de photos prises lors de ces différentes interventions et d’une présentation des centres de l’imam Moussa Sadr à Beyrouth et à Téhéran (www.imamsadr.net).

Bien écrit, sans faute d’orthographe, ce livre, plaisant à lire, met en lumière la grandeur de cette personne.

www.lumieres-spirituelles.net N°89 - Jumâdî' I et II 1439 - Février-Mars 2018

Citations de Les religions au service de l’homme

†« Nous nous sommes rassemblés pour le bien de l’homme, pour lequel les religions ont existé. Elles étaient alors une, les unes annonçant les autres, chacune attentive à l’autre. Par elles, Dieu fit sortir les hommes des ténèbres vers la lumière [La Vache, 257], après les avoir, par elles, sauvés des conflits nombreux qui mutilent et divisent, et les avoir conduits sur le chemin de la paix. Les religions étaient une, car au service d’un même but : conduire vers Dieu et servir l’homme, deux visages d’une même vérité.»(p16)

 

†« Si la foi, dans sa dimension céleste, donne à l’homme l’infinitude du sentiment et de l’ambition ; si la foi, dans sa dimension céleste, garantit à l’homme le perpétuel espoir quand il n’y a plus de motif d’espérer, si elle lui ôte l’angoisse, coordonne entre lui et ses semblables d’une part, et entre lui et tous les existants d’une autre ; si la foi, dans cette ambition, donne à l’homme cette grandeur et cette beauté ; dans son autre dimension, elle cherche à préserver l’homme, elle impose de le préserver et assure qu’il n’est de foi qu’accompagnée de l’engagement à son service. Il faut préserver et développer toutes les énergies de l’homme et celles de tout homme. »(p19) 

 

†« Quant au respect du licite et de l’illicite, il conserve l’indépendance de l’homme, l’élève au-dessus de la dilution et le protège de la perdition, au sens où le besoin n’est pas assouvi du simple fait qu’il est besoin, mais également parce qu’il est licite. Ce principe n’ignore pas la réalité de l’homme et de ses besoins, ni ne considère la seule abstinence comme une perfection ; il ne voit pas dans la violence faite à soi et l’affaiblissement du corps un renforcement de l’âme et un exercice spirituel, ne trouvant pas de contradiction entre le corps et l’âme… ainsi qu’il en va dans la perspective des congrégations de soufis et d’autres. Ajoutons ici l’importance accordée par l’islam à l’hygiène, considérée comme partie de la foi. »(p47)

 

†« L’islam est donc le ralliement et l’intégration à l’ensemble de ce qui est dans les cieux et sur la terre et l’union avec eux dans le principe, le chemin et l’aboutissement, de toute éternité et pour toujours. L’islam est aussi, selon l’explication coranique, la prosternation volontaire de l’homme, sa glorification, sa prière et son affiliation à l’ensemble unique des existants, ensemble dont toutes les parties se prosternent devant le Dieu unique, le louent et le prient dans le sanctuaire unique de l’univers.»(p62)

 

†« La morale en islam est le but suprême des enseignements religieux, et elle fait partie intégrante de la formation de la religion. Ce que l’on remarque dans la morale islamique, c’est qu’elle rejette vigoureusement les facteurs qui font obstacle au lien de l’homme avec les existants, comme la lâcheté, empêchant son interaction avec les autres hommes, comme la dureté, la rudesse du cœur, la misanthropie, la vanité qui donne un sentiment d’autosatisfaction et prive la personne de recevoir d’autrui, enfin l’orgueil qui nous empêche de bénéficier de l’abondance divine et empêche l’autre de bénéficier de nous. La moralité islamique, considérée dans sa globalité, constitue le pilier des valeurs humaines ou des voies pour y parvenir et les préserver. »(p100)

 

†« En un mot, l’individu est le dépositaire de ce qu’il possède, il en est responsable devant la société, mais aussi face au passé et à l’avenir, et cette analyse confirme que l’individu n’a pas le droit de monopoliser, détruire ou négliger ce qu’il a, comme il ne lui est pas permis de se nuire à lui-même, sans parler du suicide, tout cela étant une agression ou un gaspillage vis-à-vis du groupe. Cette analyse met aussi en lumière le terme « désigner comme lieutenant » (istikhlâf)qui apparaît dans le Coran, et le fait de considérer les biens comme un dépôt (amânah). »(p132)

 

†« Quant à la liberté, mes frères, elle est, comme vous le savez, le meilleur moyen pour mobiliser toutes les énergies de l’homme. Car l’individu, tout individu, qui sert une société où la liberté ne règne pas, n’y emploie qu’une partie de ses énergies. L’homme ne peut mobiliser toutes ses énergies et développer tous ses talents que si on lui donne la liberté absolument. »(p148)

 

†« Aussi, que les Libanais nous permettent de rappeler que la coexistence n’est pas leur propriété mais un bien qui leur est confié, une responsabilité, un devoir et non pas seulement leur droit.»(p154)

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