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2018-01-14 | Readers 394 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Où est la tombe de sayyida Mariam(p) ? (2)


Où est la tombe de sayyida Mariam(p) ?(2)

Le principal sanctuaire attribué à sayyida Mariam(p) (renfermant ou non sa tombe) et reconnu par tous, chrétiens et musulmans se trouve à Jérusalem-Est (al-Quds) dans la vallée du Cédron, au pied du Mont des Oliviers. Voici une visite sommaire de l’intérieur des lieux, après avoir eu un aperçu historique de le No86 de la revue Lumières Spirituelles.

Eglise de l'Assomption(1)

Pour accéder à l’église, il faut descendre une vingtaine de marches à partir de la route pour accéder à la cour rectangulaire, entourée d’un mur qui intègre la façade actuelle de l’édifice. Datant du 12e siècle, elle est dans le style de construction austère et solennel des croisés, avec des arches gothiques en ogive. A sa droite, un étroit couloir mène à la grotte de Gethsémané.

L’entrée de l’église de l’Assomption s’ouvre sur un escalier monumental, comprenant 48 marches, menant jusqu’au fin fond de la grotte et donnant accès à l’ancienne église construite au 5e siècle. Son intérieur était autrefois recouvert d’une mosaïque dont il ne subsiste que quelques vestiges. On peut y apercevoir, à la lumière vacillante des lampes à l’huile :

-un autel, voué à sayyida Mariam(p), au fond ;

-une icône arménienne représentant la dormition(1)(côté est) ;

-une icône arménienne représentant l’Assomption(2)(côté ouest) ;

-une galerie de tableaux rappelant les principaux moments de la vie de sayyida Mariam(p), vie tout entière vouée à Dieu dans la piété et la sainteté ;

-une galerie d’icônes de saints situant l’Assomption dans le mystère de l’église.

Le niveau inférieur est composé de trois grottes. Des crues du Cédron en 1972 permirent aux archéologues de dégager le secteur et de creuser les parages de la crypte, mettant à découvert l’excavation, à l’origine, de trois chambres creusées dans la roche selon les mêmes techniques employées pour les tombeaux au premier siècle, comme le saint sépulcre et les tombes des rois.

Le corps de sayyida Mariam(p) aurait été déposé dans la chambre la plus à l’intérieur, longue de 52 pieds et large de 20 pieds, sur un banc taillé dans la masse rocheuse, placé dans la partie orientale.  Cette chambre constitue le « tombeau » actuel. Le père Bellarmino Bagatti (qui supervisa alors les fouilles), fit enlever la dalle de marbre qui recouvrait le banc.

Ainsi, il est encore possible de voir, de nos jours, le lit funèbre de sayyida Mariam(p), portant des traces d’entailles provoquées par les pèlerins qui en prélevaient des reliques.

Eglise de la Dormition(2)

Un autre endroit est consacré à sayyida Mariam(p), mère de Jésus (‘Issa) à Jérusalem :  celui où, selon des textes apocryphes, elle(p) serait morte (ou  « endormie(1) »), entourée des disciples du Prophète Issa(p), une maison, près du Cénacle, au mont Sion, transformée depuis en une église, l’abbaye bénédictine de la Dormition. Les disciples (apôtres) alors présents auraient transporté le corps de Marie de cet endroit vers une grotte à Gethsémanie, dans la vallée du Cédron (l’actuelle église de l’Assomption décrite plus haut) et l’auraient déposé dans une excavation de la roche.

L’actuelle église bénédictine de la Dormition(1)de la Vierge Marie est un imposant monument dominant la colline sud-ouest de la ville.  Elle fut construite entre 1901 et 1910, dans le style roman germanique, sur les vestiges d’une église byzantine, selon un plan circulaire avec une massive rotonde au toit conique entourée de quatre flèches. A l'intérieur, de splendides mosaïques multicolores ornent les parois des chapelles latérales. Au sous-sol se trouve une crypte, au centre de laquelle repose un gisant de la mère de Jésus en bois et en ivoire. Elle appartient à l’église catholique et est desservie par une communauté de moniales bénédictines d’origine allemande.

(1)du latin «  assumptio » = action de prendre. Là où elle aurait été enlevée au ciel, de corps et d’esprit.

(2)du latin «  dormire » = sommeil. Là où elle se serait endormie.

www.lumieres-spirituelles.net N°89 - Jumâdî' I et II 1439 - Février-Mars 2018

Sayyida Mariam(p)* est-elle morte ou pas ?(2)

Si l’Islam accorde un grand intérêt à la plus grande Dame de son époque, sayyida Mariam(p), il ne dit pas grand-chose sur sa mort. Seul un propos rapporté évoque sa mort : le Prophète Issa(p) parlant à sa mère après l’avoir enterrée sans aucune référence de temps ou de lieu. De même, il ne nous est pas possible de savoir si ce dialogue a eu lieu sur terre avant l’élévation du Prophète Issa(p) au premier ciel ou après.

Il est rapporté dans « Mustadrak al-wasâ’il wa mustanbat al-masâ’il », vol.7 p506 N°8759 : « Issa(p) l’appela après l’avoir enterrée : « Ô ma mère, veux-tu revenir en ce monde ? » Elle dit : « Oui ! Pour prier pour Dieu par une nuit très froide ou pour jeûner un jour de grande chaleur. Ô mon fils, c’est que le chemin fait peur. » »

Nous avons vu qu’en l’absence de textes officiels sur la fin de sayyida Mariam(p), différentes croyances étaient apparues concernant sa mort (ou non). Il faudra attendre le milieu du 20e siècle pour que l’église catholique proclame officiellement ses croyances sur ce point.

†Le 1er novembre 1950, le pape Pie XII proclame le « dogme de l’Assomption »,

c’est-à-dire l’« Assomption » est considérée comme un « dogme de foi révélé par Dieu », selon lequel « l’Immaculée Mère de Dieu », la vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la Gloire céleste. » (Munificentissimus Deus §44)

†Cette proclamation avait été précédée par celle de l’« l’immaculée conception » en l’an 1854, qui allait nécessairement entraîner l’adoption de ce « dogme de l’Assomption ». En effet, dans cette proclamation de 1854, il est affirmé (comme un « dogme de foi révélé par Dieu ») que Marie a été préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle.

(Alors que pendant plus de 1400 ans, plus exactement depuis le concile d’Ephèse en 431 apJC, elle avait été considérée comme la « Mère de Dieu », (ou « Mère du Fils de Dieu, incarné en son sein »), sans qualification supplémentaire.)

Or, dans les dogmes de l’église catholique, la mort et la corruption du tombeau sont la conséquence du péché originel (d’Adam). En déclarant Marie préservée du péché originel, n’ayant pas elle-même commis de péché personnel, elle ne devait pas mourir. D’où la nécessité de cette proclamation d’Assomption pour Marie que le pape Pie XII fit le 1er novembre 1950 et qui fut confirmée par Vatican II en 1964.

—Ainsi, l’église catholiqueaffirme que sayyida Mariam(p) ne serait pas morte mais élevée au ciel. Et chaque année, elle commémore cet évènement, le 15 du mois d’août. Cela veut dire qu’il n’y a pas de tombe pour sayyida Mariam(p).

—Les églises orthodoxesgardent ce même jour du 15 août pour fêter sayyida Marie(p) (« mère de Dieu ») mais pour commémorer sa « dormition ». C’est-à-dire, elles reconnaissent sa mort réelle – par nécessité de sa nature humaine mortelle – entourée des apôtres, et affirment sa résurrection (de son corps et de son âme) et sa glorification.

—L’église anglicanea aussi gardé la célébration de la « Vierge Marie » pour le 15 août mais a fait disparaître l’appellation de la « fête de l’Assomption » depuis 1549.

—Les églises protestantes, quant à elles, refusent toute exégèse sur la question en l’absence de texte, et considèrent donc que sayyida Mariam(p) est bien morte et enterrée comme tout être humain. Personne n’a fait de sa tombe un lieu sacré que les pèlerins visiteraient. Elles accusent l’église catholique de « mariolâtrie », (l’adoration idolâtre de sayyida Mariam plutôt que de Dieu).

—Quant aux Musulmans, rappelons-le, ils affirment que sayyida Mariam(p) est bien morte et enterrée. Et pour l’emplacement de sa sépulture, ils reprennent la thèse chrétienne la plus répandue de la grotte au pied du Mont des Oliviers.

—Tardivement, est arrivée une autre thèse selon laquelle sayyida Mariam(p) serait enterrée à Ephèse en Turquie. Nous y reviendrons une prochaine fois.

*cf. No49 de Lumières Spirituelles sur s. Mariam(p) pp24-25

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