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2016-04-07 | Readers 419 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Zhang Jiao (140 – 184 apJC) de la secte taoiste "Taiping"


Zhang Jiao  

(140 – 184 apJC)

Zhang Jiaoou Zhang Jue (140-184), est le fondateur de la secte taoïste Taiping  (« grande paix ») avec laquelle il souleva le peuple chinois au printemps de l'an 184 dans une insurrection contre la dynastie Han.

Originaire de Julu dans le Hubei, il se fit appeler « Grand Maître » et de nombreuses personnes se joignirent à lui. Ses partisans arborèrent un foulard jaune en signe de ralliement, d'où leur nom, les Turbans jaunes. Il prônait la Voie de la grande paix (Taiping dao) basée entre autres sur le canon de Taiping dont elle tire son nom et qui émergea en 167 au Shandong et qui  s’étendit rapidement dans les provinces du Henan, Hebei, Jiangsu, Anhui et Hubei.  

Le canon Taiping(Taipingjing ou Taiping qinglingshu, Livre du pur domaine de la grande paix) était composé de cent soixante-dix fascicules d’inspiration taoïste. Il est raconté qu’un dénommé Gong Chong le présenta à l’empereur Shundi, prétendant que son maître Yu Ji l’avait reçu d’une divinité (disparue du culte depuis) nommée l’Essence rouge, à la source de Quyang au Shandong. Les spécialistes estiment que le Taipingjing pourrait découler du Tianguanli baoyuan taipingjing  en 12 fascicules rédigé sous Chengdi (32-7avJC)  par Gan Zhongke, originaire du Shandong comme Yu Ji et Gong Chong. Perdu, on sait du moins qu’il prédisait un changement dynastique. Il aurait été progressivement enrichi avant d’être présenté à la cour sous sa forme définitive.

L’école Taipingproposait à la fois une structure cultuelle, culturelle et administrative, centrée sur la protection contre les maladies et les calamités obtenue grâce aux talismans et au repentir des fautes. En même temps, elle visait (vraisemblablement dès son origine) le renversement de la dynastie Han pour faire advenir le « règne de la grande paix ».

Les fidèles « taiping » étaient regroupés en « fang »(orients) de six à dix mille personnes, qui allaient constituer la structure des troupes des Turbans Jaunes par la suite. Au nombre de trente-six, ils étaient dirigés par de « grands maîtres » qui avaient à leur  tête, Zhang Jiao, le « Grand sage et excellent maître ». Au moment de lancer son insurrection en 184, il se fera appeler le  « général du ciel » et il nommera ses frères Zhang Bao et Zhang Liang respectivement « général de la terre » et « général des humains », couvrant ainsi les « trois mondes » qui composent l'univers.

Cette école avait une vision religieuse, philosophie et cosmologique du monde fondée sur leur croyance aux immortels et aux sorciers, pratiques alimentaires et gymnastiques de longue vie (yangsheng), (yin-yang), cinq éléments, interaction du Ciel et de l'homme et (huanglao).

L’univers est né du qi primordial. Les êtres humains sont formés de trois éléments : l’essence  (jing) le souffle (qi) et l’esprit (shen) ; il faut les respecter et chacun peut accéder à l’immortalité en s’aidant de techniques respiratoires appelées « absorptions du souffle » ou « respiration embryonnaire ». La divinité suprême des Taiping est le Ciel, sous lequel on trouve neuf niveaux de dieux. Lors des rituels de guérison présidés par le maître armé de la canne cérémonielle, le fidèle s’incline et confesse ses fautes avant d’absorber de l’eau dans laquelle a été dissous un papier inscrit de caractères magiques. La conduite est d’autant plus importante que la rétribution des bonnes ou mauvaises actions peut s'étendre sur cinq générations.

Sans doute influencé par la théorie des cinq éléments et les principes exposés par Zou Yan selon lesquels « une dynastie en remplace une autre », et  « les actes du souverain ont des effets sur le destin du pays », Zhan Jiao croyait en la dimension politique et militaire de sa mission. La « Voie de la grande paix » telle citée dans le Taipingjing « est la richesse du pays, la volonté du Ciel.. », elle est « le règne de la grande paix ». Ce qu’il interprétait comme la nécessité de se révolter contre les empereurs injustes, la dynastie des Han en l’occurrence. Et pour mieux marquer le renouveau qu’il pensait apporter, Zhang Jiao choisit comme début de la révolte le cinquième jour du troisième mois lunaire  de l’an un de l’ère Zhongping (184), un jour considéré comme « jiazi », c’est-à-dire qui correspond au début du « cycle sexagésimal » qui décompte les années. Son mot d’ordre était : « Le ciel est mort, c’est l’avènement du ciel jaune, l’année jiazi sera faste », leciel jaune représentant les Taiping. 

Ainsi, en 184, Zhang Jiao lança l’insurrection des Turbans Jaunes qui accélèrera certes la chute des Han, mais qui n’aboutit pas au règne de la paix. Ses troupes se comportèrent mal, pillant de nombreux villages, démentant leurs prétentions et le nom de la secte. Sa révolte fut vite réprimée par l’alliance des chefs régionaux. Lui-même mourut, la même année, de maladie, suivi de peu par ses frères. Démantelée par la répression, l’école subsista un temps dans la clandestinité, provoquant encore insurrections sporadiques jusqu’en 192 au moins.

www.lumieres-spirituelles.net     No78  - Rajab-Sha'ban 1437 –  Avril-Mai  2016

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