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2015-02-04 | Readers 308 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Jiddu Krishnamurti (1895-1986)


Jiddu Krishnamurti

(1895-1986)

Krishnamurti  (littéralement « qui a la forme de la divinité hindoue « Krishna »), naquit le 11 mai 1895, dans une famille d’une lignée de lettrés Brahmanes en Inde à 250km de Madras. Sa famille observait strictement les règles de leur caste, dont le végétarisme, les mariages endogames et l’enseignement religieux.

Le père de Krishnamurti, secrétaire à la « Société Théosophique » créée par des Américains à la fin du XIXe siècle, à l’instigation, disaient-ils, de « sages » rencontrés au Tibet, en vue de préparer la venue prochaine de l’ « Instructeur du monde » qu’ils identifiaient au « Maytreya » des Bouddhistes ou au « Messie » des Chrétiens. Une des tâches que s’était fixées cette société, était la recherche de l’enfant qui servirait de « véhicule » à cet « Instructeur » appelé aussi l’« Elu ». En échange de ses services, le père obtint, en 1909, un logement dans la fondation de la Société à Madras. C’est là qu’un des membres actifs de la Société remarqua Krishna et jeta son dévolu sur lui. Il disait de lui qu’il était « doué d’une aura merveilleuse dépourvue de toute trace d’égoïsme ».

Krishnamurti recevra alors une éducation particulière tant sur les plans physique, intellectuel et spirituel, d’abord en Inde (à Madras), puis en Angleterre et en France avant de gagner les Etats-Unis (à Ojaï), dans la province de Los Angeles.

Il résuma ses premières expériences spirituelles dans un petit livre qu’il publia en 1909 dans lequel il prônait quatre conditions nécessaires préliminaires pour être un « disciple » : « être sans désir, bien se conduire, avoir acquis le discernement et aimer ».

Il apprit à s’exprimer en public et mit en évidence un thème qu’il ne cessa de développer par la suite : « la nécessité de se détacher intellectuellement de toutes les traditions, les idées reçues et les coutumes, (…) de se libérer du connu » pour avoir un esprit toujours neuf.

En 1911, la présidente de la « Société Théosophique » fonda l’« Ordre de l’Etoile d’Orient » et plaça  Krishnamurti à sa tête (non sans provoquer un schisme au sein de la Société). Krishnamurti fut alors proclamé « Instructeur du Monde ».

Cependant, le 20 août 1922, une expérience spirituelle extraordinaire qu’eut Krishnamurti aux Etats-Unis changea le cours de sa vie. Elle commença, trois jours avant, par une vive douleur ressentie dans la nuque, lors d’une méditation, qui empira les jours suivants. Contraint de s’aliter, il sombra dans le coma tout en continuant à percevoir ce qui se passait autour de lui. Il se voyait s’identifier aux éléments, au cosmos et à tous les êtres vivants. Revenu à lui, il s’assit sous le poivrier proche de la maison. C’est alors que : « Je me sentis suprêmement heureux, car j’avais VU. Plus rien ne [serait] comme avant, rapporta-t-il dans une longue lettre. […] J’ai bu l’eau claire et pure de la source de la fontaine de la vie et ma soif s’est apaisée. Je n’aurai plus jamais soif. Je ne serai jamais plus dans l’obscurité complète. J’ai vu la Lumière. J’ai atteint la Compassion qui guérit toute peine et toute souffrance. Ce n’est pas pour moi, mais pour le monde.. […] Je suis ivre de Dieu. »

Ainsi, débuta ce qu’il qualifia de « processus » et qui allait persister jusqu’à sa mort : des états altérés de conscience et de douleurs aiguës et constantes à la base de la moelle épinière et à la nuque. Depuis, il fut convaincu qu’il devait transmettre de par le monde ce qu’il vivait et comprenait de ces visions, qu’il lui fallait faire comprendre aux gens les causes de la souffrance, le sens du temps, de la mémoire affective, des conditionnements et des peurs qui paralysent l’homme et leur montrer comment on peut s’en délivrer, en déclenchant en eux un processus de découverte et d’auto-observation.      

Petit à petit, ses relations avec la Société Théosophique se dégradèrent. Krishnamurti nia la nécessité de suivre un maître, prôna la réalité d’une voie directe vers la Vérité que chacun devait découvrir par soi-même. « La Vérité n’appartient ni au passé ni au présent, elle est hors du temps. » « La répétition n’est pas la Vérité. » « La Vérité est un état, un mode d’être qui survient lorsque l’esprit qui cherche à diviser, qui se veut exclusif, qui ne peut penser qu’en termes de résultat et de réussite, cesse d’exister. » « Personne ne peut vous donner la libération, il vous faut la trouver en vous, mais puisque je l’ai trouvée, je vous montrerai la voie.. ». Le 3 août 1929, il annonça la dissolution de l’Ordre de l’Etoile d’Orient qu’il présidait depuis des années et renonça à son statut d’« Instructeur du Monde ». La rupture avec la Société des Théosophes fut totale.

Il passa alors plus de 50 ans à donner des conférences de par le monde pour appeler les gens  à une « révolution de la conscience », avec le désir de rendre chacun libre de toute autorité extérieure, affirmant que la « Vérité est un pays sans chemin  que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu'elle soit : aucune religion, aucune secte ». Il disait vivre dans une « extase » qui ne le quittait plus, passant chaque jour comme une constante renaissance.

Il créa cependant des écoles en Inde et en Angleterre en vue de susciter l'apparition d'une nouvelle génération d'êtres humains, libre d'égocentrisme et de permettre à la fois à l'enseignant et à l'enseigné d'explorer non seulement le monde du savoir mais aussi leur propre pensée et leur propre comportement, en totale rupture avec les méthodes d’enseignement occidentales. Il mourut aux Etats-Unis en 1986.

www.lumieres-spirituelles.net     No55  - Dhû al-Hujjeh 1434 – Octobre-Nov.  2013


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