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2015-02-04 | Readers 574 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Thubten Ngodup (1957-2…)


Thubten Ngodup 

(1957-2…)

 

Thubten Ngodup, moine tibétain est l’oracle du Dalaï Lama. Etrange, non ?! Ce dernier ne prend aucune décision importante sans le consulter !

Thubten Ngodup (1957-2...)  est un moine tibétain « kuten » , prêtant son corps à un « esprit » (djinn) appelé  Netchung, (considéré comme une « déité ») protecteur  du bouddhisme tibétain). Il est l’oracle du Dalaï Lama.

 

Thubten Ngodup est un moine bouddhiste « ordinaire », d’une cinquantaine d’années, appartenant à une famille issue d’une lignée ininterrompue de pratiques tantriques. Il est né en 1957 au Tibet et fit ses études en Inde après la fuite de sa famille du Tibet en 1959. Il entra au monastère de Nechung en 1971 dont il est actuellement l’abbé avec sous sa responsabilité une centaine d’étudiants bonzes.

Sa particularité est d’être devenu un « kuten » c’est-à-dire le support de l’un des « esprits » (djinns) protecteurs, tutélaires du bouddhisme tibétain, Netchung Chonkyang. Cet « esprit » communique grâce au corps physique d’un moine appelé « kuten », dont il prend possession au cours des transes. Il fait alors des prédictions au Dalaï Lama. Thubten Ngodup est ainsi devenu le quatorzième médium au service du Nechung.

Les signes précurseurs de sa « mission » apparurent après son arrivée au monastère de Nechung : d’abord un important saignement de nez accompagné de visions ; puis, quelques années plus tard, une certaine « langueur » de plusieurs jours et enfin le jour de sa découverte.

Ce fut lors d’une cérémonie de prières organisée le 31 mars 1987 pour retrouver le nouveau corps physique par lequel l’esprit de Nechung allait parler, après l’oracle précédent mort en 1984, qu’il fut découvert. Thubten Ngodup entra alors en transe, l’encens, la musique et les prières aidant. « J’ai senti pour la première fois la divinité descendre en moi et s’exprimer par le biais de mon être. J’ai été saisi ensuite d’une agitation fébrile, j’ai eu un flash puis j’ai perdu connaissance. »

Quelques mois plus tard, le 4 septembre 1987, le gouvernement tibétain en exil le reconnut officiellement comme le nouveau médium de l’oracle de Nechung, après que le Dalaï Lama se fut personnellement prononcé sur l’authenticité de sa transe. Cet univers est généralement interdit aux profanes. Seuls le Dalaï Lama et les membres du gouvernement en exil peuvent assister aux rituels de la mise en transe préparés avec minutie.

Dès que le moine « tuten » est habité, l’aspect du moine change, sa force et son énergie se décuplent. Par la voix du médium, la divinité transmet des messages ou répond à des questions d’actualité, dans un langage qui lui est propre. Ceux-ci sont soigneusement notés par un moine à cet effet. Les avis recueillis sont ensuite interprétés en clair par des moines qualifiés. Certains sont rendus publics, d’autres estimés confidentiels ne sont remis qu’au Dalaï Lama et au gouvernement tibétain.           

Thubten Ngodup continue de raconter : « Dès le début du rituel, j’ai la sensation de quitter les lieux, d’être dans un état d’apesanteur, comme dans un trou d’air lorsqu’on voyage en avion. Tout semble s’éloigner, comme si je sombrais dans un profond sommeil. »

Les transes peuvent durer jusqu’à une heure. Il porte alors plusieurs vêtements superposés. Le vêtement supérieur est en brocard d’or décoré des quatre couleurs qui représentent les quatre éléments : rouge, bleu, vert et jaune. Il a sur la poitrine un miroir entouré de turquoises et d’améthystes portant un « mantra ». Quand la transe est assez avancée, une coiffe de près de 14 kilos est fixée solidement sur sa tête et parfois aussi un harnais de plus de trente kilos portant quatre drapeaux et trois bannières de victoire. Puis il se lève et prend une épée avec laquelle il danse ; il effectue cette danse après chaque question et donne une réponse qui doit être interprétée. Lorsque la séance se termine, il effectue une dernière prière et perd connaissance.

 « Une fois que l’oracle quitte mon corps, poursuit Thubten Ngodup, on me transporte dans une autre pièce, dans mon lit. Lorsque je reviens à moi, j’ai des douleurs dans la poitrine, la tête. Mes battements de cœur sont accélérés et tous mes muscles me font mal. Je ne me souviens de rien. »

Un exemple de ses « prophéties » sur l’avenir du Tibet faite en 2009 : « Le protecteur dit qu’on est proche du lever du soleil si on suit ce que préconise le Dalaï Lama. »..

La pratique de l’oracle par possession d’un esprit (djinn) est présente dans les plus anciennes traditions religieuses tibétaines. Selon la conception bouddhiste, la « déité » projette son esprit par transfert de « conscience », dans un kuten, support physique. Dans tout l’Himalaya, les oracles ont joué et jouent un rôle important dans le domaine religieux, ainsi qu'un rôle de conseil auprès des gouvernements tibétains.

Dans son autobiographie « Au loin la liberté », le Dalaï Lama justifia cette pratique  « Pendant des siècles, le Dalaï-lama et son gouvernement ont ainsi consulté Nechung à l'occasion des fêtes du nouvel an, et plus généralement lorsqu'une question particulière se posait à eux. Moi-même je recours à lui plusieurs fois par an. Cela peut surprendre et certains Tibétains eux-mêmes peuvent trouver cette habitude critiquable. Mais si je persiste à la pratiquer, c'est que nombre des réponses que m'a données l'Oracle se sont révélées justes. Ce qui ne veut pas dire que je suive uniquement son conseil. Loin de là. Je demande l'avis de l'Oracle comme je consulte mon cabinet ou ma conscience ». C’est l’oracle qui lui a dit de quitter le Tibet en 1959..

www.lumieres-spirituelles.net     No50 – Rajab 1434 – Mai-Juin 2013


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