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2015-02-04 | Readers 372 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Eihei Dôgen (1200 – 1253)


Eihei Dôgen

(1200 – 1253)

Eihei Dōgen, ( ou « maître zen Dōgen ») introduisit le bouddhisme zen au Japon depuis la Chine. Il en est un des plus grands maîtres de cette école du bouddhisme (japonais) zen appelée « école Sōtō ».

Né en 1200, Dogen était issu d'une famille princière de l'actuelle région de Kyoto au Japon. Le décès de ses parents suivi des luttes pour le pouvoir entre les familles marquèrent sa jeunesse. Ils lui firent prendre conscience de l'impermanence de la vie, ainsi que son caractère illusoire.

Suivant ainsi les dernières recommandations de sa mère qui voulait qu’il aidât au salut de l’ensemble des êtres, Dogen entra au monastère Enryaku-ji sur le Mont Hiei à l'âge de treize ans et y devint moine. Il fut choqué par la corruption qui y régnait. Les moines, disposant de nombreuses propriétés foncières, étaient plutôt préoccupés par leur statut dans la hiérarchie monacale et par leur confort. Il fut également déçu de l’évolution du bouddhisme japonais vers le formalisme. Il réalisait l'obligation de chercher la Vérité au-delà du monde des apparences, tout en se demandant : « Pourquoi faut-il s’entraîner et adopter des pratiques ascétiques pour atteindre l’état d’Eveil (Bouddha) si la nature de Bouddha est inhérente à tous les êtres vivants ? » N'obtenant pas de réponse satisfaisante, il décida de quitter le monastère avec d’autres moines à la recherche d’autres maîtres.

En 1223, il décida de partir en Chine aux sources du bouddhisme Zen. Sur le bateau, il fit la rencontre d’un vieux moine de 70 ans, cuisinier dans un temple de la montagne. Surpris de voir ce vieil homme s’occuper encore de la cuisine du temple au lieu de lire et d’étudier les sutras, il lui en fit la remarque. Le vieil homme éclata de rire : « Jeune ami venu de l'étranger, vous semblez bien ignorant de ce que signifient la pratique et l'enseignement du bouddhisme ! » et l’invita à lui rendre visite au temple de son maître Nyojo, Keitoku-ji sur le mont Tendo, dans le Minshu. En 1225, Dogen s’y rendit et rencontra Maître Nyojo. Il devint son disciple et se plongea dans la pratique du Zen, alliant la pratique à ses études. A 26 ans, il entendit son maître dire à un autre moine « d'abandonner le corps et l'esprit ». A ces paroles, son esprit subit une révolution intérieure. S’entraînant à cet « abandon », il réalisa l'Eveil. Maître Nyojo le certifia.

Un an plus tard, sur les conseils de son maître, Dogen retourna au Japon pour aider les autres à s’éveiller à la Vérité universelle, par la pratique du Zen telle que son maître la lui avait enseignée. Il s’installa d’abord à Kennin-ji où il rédigea son premier ouvrage : Fukanzazengi, (« Conseils à tous pour le zen ») où  il explique les règles universelles pour la pratique du zen : s'asseoir dans une posture exacte sans rechercher quoi que ce soit, en laissant passer les pensées comme des nuages dans le ciel. Puis, il se déplaça dans plusieurs temples, jusqu’à construire le premier monastère Zen véritablement indépendant du Japon en 1236 à Kosho-ji. Il commença à rédiger les 1ers chapitres de son œuvre monumentale Shôbôgenzô (« Le Trésor de l’œil de la Vraie Loi »), qui contenait l’essence de sa vision philosophique et religieuse et où il montra que l'expérience personnelle authentique était préférable à la stricte observance d'une doctrine, affirmant que le Zen (la pratique) et l’Eveil ne font qu'un. Il rédigea en même temps de nombreux autres essais sur le zen, comme le Tenzo Kyokun (« Instructions au cuisinier zen »).

Le souffle nouveau qu’il apporta au bouddhisme japonais alors sclérosé, lui valut de nombreux disciples qui suivirent son enseignement mais provoqua aussi une hostilité croissante de la part de la hiérarchie cléricale.

Il décida de s’éloigner de l’agitation des villes, pour fonder l’école Zen Soto. En 1244, il fit construire un nouveau temple au nord-est du pays, Eihei-ji, (temple de la paix éternelle), (qui est encore aujourd'hui le plus grand temple zen au Japon). Il rédigea les règles et les rituels d'un monastère zen dans un opuscule « Eihei Shingi » (« Les règles pures d'Eihei »). Malade depuis plusieurs mois, Dogen mourut en septembre 1253. Son disciple Ejô, qu'il a certifié et reconnu comme son successeur, prit sa suite.

 

Un exemple de ses réflexions : On ne peut saisir la réalité des choses que sous une forme déterminée. Ainsi le temps  n'apparaît que sous une forme déterminée nommée instant. La conception successive du passé/présent/futur est illusoire. Seul l'instant présent est réel. Donc, chaque instant, aussi bref soit-il, "re-présente" le temps dans sa totalité sans qu'il soit indispensable d'attendre d'autres instants. La vérité bouddhique du temps est le temps tel qu'il est, le présent instantané, désormais.

www.lumieres-spirituelles.net     No46 – Rabi’ I 1434 – Janv.-Février 2013


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