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2015-02-04 | Readers 364 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Yang Xiong (-53avtJC – 18apJC)


Yang Xiong  (-53avtJC – 18apJC)

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ang Xiong ou Yang Hsiung (-53avtJC – 18apJC), était un philosophe et un poète chinois, fondamentalement confucéen. Vivant à une époque traversée par divers courants de pensée, notamment le Confucianisme et le Taoïsme, il tenta d’en présenter une synthèse, tout en confirmant la primauté confucéenne, sans tomber dans une lecture ésotérique qui mélangeait à cette époque spiritualité, superstition, magie, imagination et visions apocalyptiques.

Ce fut pour ses talents en poésie, (notamment le genre « fu ») qu’il se fit connaître à la cour impériale. Mais il abandonna vite ce mode d’écriture, critiquant son style inutilement orné et son manque d’efficacité : les critiques enrobées dans le brio littéraire y étant  si voilées qu’elles étaient facilement ignorées. Yang Xiong préféra se consacrer à l’annotation du Cang Jie, dictionnaire officiel des Qin et à la rédaction de son  premier recueil d’expressions régionales, le Fangyan, et surtout à deux ouvrages philosophiques, le Taixuan (Grand mystère) et le Fayan (Paroles pour guider), partisan du « texte ancien ».

Le Taixuan (Le Grand mystère) est un manuel de divination inspiré du « Livre des mutations » (Yijing) de Confucius dont il reprend la structure. Il y propose une représentation de l’univers et de ses transformations à l’aide de groupes de lignes pleines ou brisées assortis de commentaires expliquant leur signification et leurs règles de mutation. Ces lignes sont de trois types (entières, brisées en deux et brisées en trois) représentant respectivement le ciel, la terre et l’homme, et constituent un ensemble de quatre-vingt-un tétragrammes corrélés par l’intermédiaire du yin-yang et des cinq éléments à une multitude de concepts ou réalités : constellations, notes de musique etc. Ces corrélations sont exposées dans le commentaire Nombres du grand mystère[. Les sens possibles de chaque tétragramme sont exprimés par un cycle de neuf phrases parmi lesquelles on choisit en tenant compte de critères comme les circonstances temporelles, la phase yin ou yang ou la qualité de la personne interrogeant l’oracle (souverain, ministre, homme du commun etc.). En effet, selon Yang Xiong, le talent et les efforts ne suffisent pas à déterminer la réussite. Il faut aussi tenir compte du moment et des circonstances. Quand les temps ne sont pas favorables, mieux vaut s’abstenir ou se retirer.  Cet ouvrage, plus pratique que théorique, est considéré par certains comme très important,  bien que difficile à lire et à interpréter, pour la variété de concepts philosophiques abordés, comme la notion de « xuan » (mystère, la source de l’univers).

Le Fayan (Paroles pour guider) est un recueil d’aphorismes et de dialogues sur l’histoire et la philosophie rédigé dans une langue sans fioriture (au contraire de sa poésie), reprenant les thèmes présents dans les Anecdotesde Confucius : amélioration de soi par l’étude, la musique et les rites, importance d'entretenir des relations familiales et sociales correctes, présentation de personnalités modèles, déploration de la décadence des temps et du peu de crédit que les souverains accordaient aux vrais sages. Yang Xiong y défend avec force la pensée de Confucius considéré comme le sage par excellence, et, discutant des difficultés que le confucianiste rencontrait dans la réalité, il raillait les autres écoles. Il se moquait des lectures ésotériques des textes classiques et des croyances superstitieuses qui, selon lui, entachaient le confucianisme de son époque. De même, il s’opposait aux modernistes partisans d’une politique d’enrichissement commercial et industriel et d’expansion militaire au détriment du petit peuple, politique qui selon lui éloignait la conception de l’État confucéen.

C’est dans ce livre, cependant, que l’on voit Yang Xiong exposer un point de vue sur la nature humaine différent de celui de Confucius, en tant qu’elle est, selon lui, un mélange de bon et de mauvais, que le « qi » (force universelle) tire dans un sens ou dans l’autre selon la direction que lui donne l'individu. Ce point de vue lui sera reproché par les néo-confucianistes.

On y trouve également des thèmes plus communément liés au taoïsme comme le « dao »,  la vertu (de), la spontanéité (ziran), le non-agir (wuwei), le risque que la recherche du prestige social fait courir à soi-même et à sa famille, l’intérêt d’observer un certain retrait vis-à-vis de la vie publique et de diminuer ses désirs. Néanmoins, il s’opposait au retrait total loin du monde et préconisait une position similaire à la sienne : proche du pouvoir mais invisible.

Dans ses poésies « fu », Yang Xiong laissait entrevoir sa vision réaliste voire satirique de la société dans laquelle il vivait et sa lucidité sur sa propre situation qu’il qualifiait de ridicule bien qu’il l’ait choisie et défendue avec conviction.

www.lumieres-spirituelles.net     No69  - Safar 1436 – Nov. Décembre 2014


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