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2014-12-27 | Readers 417 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Raoni Metuktire ( 1930-)


Raoni Metuktire  ( 1930-)

 

Raoni Metuktire est l'un des derniers grands chefs (spirituels) du peuple des Kayapos au cœur de la forêt amazonienne.

Raoni Metuktire est né dans l'État du Masso Grosso vers l’an 1930, au cœur de la partie brésilienne de la forêt amazonienne  (le poumon de la terre). Issu de la branche Metuktire des Kayapos, il est l'un des fils du cacique Umoro. Son enfance fut marquée par des déplacements incessants (le peuple Kayapo étant une tribu nomade) et de nombreuses guerres tribales. A l’âge de 15 ans, Raoni se fit installer, dans sa lèvre inférieure, un labret (ou botoque)  disque de bois léger pouvant mesurer jusqu’à 25 cm de diamètre, peint de façon cérémonielle, signe de sa disposition à mourir pour la terre, symbole de courage et de force invincible. Raoni vit dans une simple hutte et ne possède rien sinon une culture millénaire directement liée avec la nature.

Tant qu’il l’a pu, il a maintenu sa tribu isolée de tout contact avec les Blancs. Et maintenant qu’ils envahissent leurs terres, avides des richesses de la forêt, il défend haut et fort leur existence fondée sur une forte relation fusionnelle avec la nature. Selon lui, tous les êtres vivants, le cosmos, les plantes, l’eau, les animaux.. sont intimement liés et forment un tout indissociable. Chaque être vivant n’existe qu’à travers le maintien de cette relation. Mieux ! Une société n’est valable que « si elle cherche à être la plus conforme (en harmonie) possible au modèle proposé par le cosmos, fondé sur l’interaction des éléments».

L’eau y a une place privilégiée en tant que le peuple est venu de l’eau, selon eux. Elle est célébrée dans un grand rituel d’initiation au cours duquel les hommes prouvent leur résistance, et qui se termine par une grande pêche. Et peut-être que là réside le secret de cette étrange vieille légende qui dit que si quelqu’un se lève tôt et que son regard traverse le plus proche lac, il peut voir le fantôme d’un homme blanc sur un cheval.

Quand la tribu s’installe dans un endroit, elle le choisit au cœur de la forêt et trace autour un cercle pour délimiter son territoire sûr, qu’elle défriche. Puis, pour dompter ce qui est à l’extérieur de ce cercle (la forêt) qu’elle considère comme la source des dangers, elle fait différentes cérémonies rituelles pour établir un rapport (d’harmonie) entre les hommes, la nature et les animaux qui les entourent et pacifier le territoire. Des chants spirituels sont psalmodiés et des noms sont donnés aux lieux.

Raoni connaît  tous les secrets des plantes et des animaux, leurs vertus et leurs dangers, par une forme de puissante intuition ou de communication avec leurs consciences. Et sa tribu, quand elle part pour chasser ou pêcher, le fait selon un certain rituel. Une fois la bête abattue, elle lui consacre des chants, prie pour son âme et supplie pour que son espèce reste dans la nature. Les plantes et les animaux leur apportent, chacun à leur façon, un remède à leurs maux. Plus ! Raoni se vante de dire que leurs ancêtres ont appris leur sagesse sociale en observant les abeilles, leur organisation, leur agressivité pour se défendre, la production du miel, la formation de leur nid.

Et cette relation ne se limite pas à la nature mais aussi au « monde [dit] « surnaturel, les esprits [djinns], les vivants et les morts ».Ils croient dans les esprits et les vénèrent au travers de nombreux rites : rituel d'appellation (chaque indien possède de 5 à 30 noms, inspirés de la nature et des ancêtres  en rapport bien souvent avec la nature), fête initiatique.. Et pour ne pas se faire attaquer par les mauvais esprits, ils évitent de sortir la nuit dans la forêt, ils utilisent le feu et la fumée pour les chasser.

Ils commémorent aussi les ancêtres en une cérémonie appelée Kuarup qui consiste en une nuit de pleurs et d’incantations pour libérer l’esprit du mort qui est symbolisé par un tronc d’arbre d’environ 1,50 m, orné de plumes et d’autres éléments appartenant au défunt, avant de l’honorer avec des joutes de lutte huka-huka et des danses à la suite desquelles l’esprit du mort part enfin pour le village dans l’au-delà.

Cette connexion apparait aussi au niveau de leurs coiffes de plumes et de leurs peintures corporelles dont ils parent tout leur corps – les unes symbolisant le soleil ou la courbe de l’univers ; les autres rappelant la carapace d’une tortue, le pelage d’un jaguar, la silhouette d’une guêpe...  

Aussi le Message de Raoni est-il clair et il ne concerne pas que sa tribu : « Les animaux, les plantes, les rivières sont en danger. Les maltraiter, c’est ne pas réfléchir correctement. Sans forêt, il n’y aura plus d’ombre, les vents vont se lever, la terre s’assécher, il y aura de grands feux mais plus d’eau ni de nourriture. Nous n’avons plus les moyens de protéger cette immense forêt dont nous sommes les gardiens pour vous tous. »

www.lumieres-spirituelles.net     No66  - Dhû al-Qa‘deh 1435 – Septembre 2014


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