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2014-12-27 | Readers 418 | Share with your Twitter followers Share on Facebook | PDF

Teilhard de Chardin (1881-1955)


Teilhard de Chardin (1881-1955)

Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) était un  jésuite chercheur, théologien, paléontologue et philosophe français. Pionnier du dialogue entre la science et le christianisme, Teilhard de Chardin était un prêtre jésuite, géologue de formation, qui considérait que l’évolution humaine, fruit d’une complexification croissante de la matière, devait être portée par une foi intense en un « Christ cosmique ». Un temps condamné au silence de la parole et de la plume par les autorités de Rome, il connut une certaine renommée dans les années qui précédèrent Vatican II, pour son essai de transcription à la religion des concepts scientifiques qu’il avait acquis en tant que paléontologue, pour retomber dans l’ombre par la suite.

Il naquit en 1881 en Auvergne en France, dans une famille de petite noblesse très attachée à la foi catholique. En 1899, il entra au noviciat de la Compagnie de Jésus (les Jésuites) et fut ordonné prêtre en 1911. Il s’intéressait aussi aux sciences, notamment à la géologie et à la paléontologie. Après des séjours à Paris, en Chine, en Indonésie, en Afrique du Sud, il devint un scientifique de renommée internationale. En 1951, il s’installa à New York. Bien que censuré ou écarté par l’église catholique, il ne renonça jamais à ses vœux, ni ne s’arrêta à développer sa vision particulière du monde partant de son constat de  l’évolution du monde dans le sens d’une montée de complexité, et d’un changement de régime. De biologique, l’évolution devenait socioculturelle et s’engageait vers « l’Ultra Humain » qui allait faire entrer l’humanité dans l’amour divin, dans l’« Omega » qu’il identifiait au Christ. Pour lui, la matière et l’esprit n’était plus que deux facettes d'une même réalité. Pour « boucler » sa phénoménologie, Teilhard envisageait la possibilité d’une influence de ce point Oméga, postulé non seulement virtuel mais « déjà réel et existant » sur l’ensemble du processus de l’évolution.  

      

Pour lui, le point Oméga (qui est le Christ universel) exerce une fonction d’attracteur de complexité et en même temps d’unité – une complexification plus grande et une unité plus grande – tout en laissant aux créatures leurs marges d’autonomie et de liberté (quitte à ce qu’elles en fassent un mauvais usage). Il voyait l'univers comme une montée de la conscience, orientée vers un point qu'il appelle Oméga. Sa foi lui permit d'identifier ce point avec le Christ qui attire à lui tous les siècles. Il corroborait ses dires par des textes du Nouveau Testament, montrant cette dimension cosmique de l'action du Christ : « Tout subsiste dans le Christ »(Col 1, 15) et  la parole de Jésus disant qu’« élevé de terre il attirera tout à lui ».(Jn 12, 32) 

Et le « point Oméga » représentait le pôle de convergence de l’évolution. Le « Christ Cosmique » manifestait l'avènement d'une ère d'harmonisation des consciences, fondé sur le principe de la « coalescence des centres » : chaque centre, ou conscience individuelle, est amené à entrer en collaboration toujours plus étroite avec les consciences avec lesquelles il communique, celles-ci devenant à terme un tout noosphérique. L'identification non homogénéisante du tout au sujet le percevant, entraînait un accroissement de conscience, dont l'Oméga forme en quelque sorte le pôle d'attraction en jeu à l'échelle individuelle autant qu'au plan collectif. La multiplication des centres comme images relatives de l'ensemble des centres harmonisés participait à l'avènement de la résurrection spirituelle ou théophanie du Christ Cosmique.

Il constata également qu’à partir de l’homme et des sociétés humaines, cette force d’attraction devenait consciente et pouvait prendre la forme de systèmes symboliques particuliers – les religions – dont le christianisme constituait pour lui la figure la plus achevée. « Une immense puissance spirituelle sommeille au fond de notre multitude, qui n’apparaîtra que lorsque nous saurons « forcer les cloisons » de nos égoïsmes et nous élever pour une refonte fondamentale de nos perspectives. » Pour lui, le « phénomène humain » devait être pensé comme constituant -à un moment donné- une étape de l'évolution qui conduisait au déploiement de la « noosphère », laquelle préparait l'avènement de la figure dite du « Christ Cosmique ». L'humanité, se rassemblant pour rejoindre Dieu, en cet hypothétique point oméga, représenterait de facto, la fin du Temps.

La mystique de Teilhard comportait un programme que l’on pourrait résumer dans trois verbes qui lui étaient chers et par lesquels il définissait les conditions du bonheur : se centrer, se décentrer, se surcentrer."Se centrer" sur soi, afin d’exister dans le monde comme un individu, et non s’y disperser comme une vapeur d’eau. "Se décentrer", pour devenir soi-même grâce à l’amour de l’autre, donné et reçu. "Se surcentrer" sur un plus grand que soi, pour accomplir en nous l’Humanité, le Christ étant ce qui est le « un plus grand que soi ». L'amour est le dynamisme qui habite l'ensemble de la nature : cette force qui le tend vers une réalisation de soi optimale et qui l'ouvre sur autrui.

La mission de l'Église, selon lui, est de faire réussir la grande aspiration des hommes à exister pleinement dans l'esprit.

Son ouvrage majeur est  Le phénomène Humain, rédigé en 1930 mais interdit de publication par le Vatican le considérant comme hérétique. Il ne sera publié qu’en 1955, et sera suivi par d’autres de ses ouvrages comme L'Apparition de l'homme, 1956; Le Milieu divin, 1957; L'Avenir de l'homme, 1959; Lettres, etc.). 

www.lumieres-spirituelles.net     No56  - Moharram 1435 – Nov. Décembre  2013


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